Conseils

Débuter le Thru-Hiking

III

Marcher Léger

 

Le deuxième point déterminant pour la réussite de votre Thru-Hike est le poids de votre sac, qui est aussi malheureusement LE point sensible, en particulier pour les randonneurs européens. En effet, beaucoup de randonneurs ne parviennent pas mentalement à franchir le cap du sac léger, car en randonnée plus encore qu’en voyage classique vous rentrez dans un univers nouveau où les codes ne sont pas les mêmes, et où l’on peut facilement perdre ces repères… Il est donc tout naturel de vouloir se rassurer en transportant beaucoup de matériel afin de recréer durant votre marche une atmosphère familière. Mais cela devient rapidement une mauvaise habitude et pour certains il est très difficile d’en changer par la suite. C’est pourquoi, si vous débutez… Autant le faire correctement !

Dans votre vie de randonneur vous recevrez de nombreux conseils allant dans un sens ou dans un autre, mais autour de vous vos proches plus ou moins expérimentés en randonnée vous inciteront toujours à prendre plus, pour votre sécurité, pour votre confort, etc. Ne cédez pas ! Libre à vous de vous faire votre propre opinion, et de tester une randonnée très confortable au bivouac avec beaucoup de matériel, mais ne le faites surtout pas sur un trail de longue distance. A vrai dire vous ne trouverez de bonnes idées pour les équipements ou pour l’organisation de votre matériel presque uniquement chez nos confrères américains et canadiens.

En Europe vous croiserez éventuellement des marcheurs ultra-légers (MUL) qui bien souvent tombent dans l’extrême opposé jusqu’à sacrifier leur confort et parfois à mettre en danger leur sécurité. Bien qu’il soit intéressant d’y cueillir certaines idées, cet article ne concerne absolument pas la marche ultra-légère, qui est souvent dévolue à une marche plus sportive vers laquelle vous pourrez vous diriger par la suite si vous en ressentez l’envie.

 

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Dessin de Thru-Hiker sur le Te Araroa

 

  1. Principe de la marche légère

 

Par sac léger j’entends sac d’au maximum 15 kilos avec nourriture et eau comprises, et par sac lourd un sac de plus de 15 kilos, certains randonneurs portant jusqu’à 30 kilos… J’ai moi-même commencé mon Thru-Hike en Nouvelle-Zélande avec un sac d’un peu moins de 20 kilos (ce que vous ne voulez pas faire, je vous assure !), pour progressivement abaisser le poids jusqu’à environ 15 kilos, mais il m’aurait été très simple de l’alléger encore si j’avais eu à préparer à nouveau le trail.

Tout comme à l’opposé le principe de la marche ‘lourde’ repose sur un cercle vicieux, le principe de la marche légère repose sur un cercle vertueux :

 

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En effet un sac léger exige une consommation d’énergie moindre, et permet ainsi d’accélérer naturellement le rythme, sans forcer en aucune manière. De plus porter moins lourd vous permettra d’accélérer volontairement si l’envie ou le besoin s’en fait ressentir, ce qui constitue une sécurité supplémentaire en milieu naturel.

Par ailleurs un sac léger vous permet de réduire fortement tous les risques de blessure liés à la pratique de la randonnée, et son impact sur votre corps à long terme :

 

  • Fracture d’usure :

Notamment au niveau des os du pied, la fracture d’un métatarse étant une blessure récurrente partagée avec les marathoniens.

 

  • Périostite ou Shin Splints :

Aussi partagée avec les coureurs de fond cette blessure récurrente est néanmoins bien moins grave qu’une fracture d’usure. Il s’agit de l’inflammation des tissus tendineux et musculaire sur le dessus du tibia accompagnée d’un gonflement. Cette blessure se produit généralement en randonnée après une longue marche sur surface plane qui finit par fatiguer l’articulation.

Même s’il est possible de continuer à marcher malgré la douleur, plus vous réagirez rapidement plus le corps récupèrera de façon efficace. Pour se faire ralentissez simplement le rythme de marche, voire arrêtez-vous, un jour étant en général suffisant si le shin splints vient seulement de se manifester. Mais ne vous obstinez pas comme moi à marcher jusqu’à ce que la douleur ne vous laisse pas d’autre choix que de vous reposer pendant une semaine…

 

  • Fatigue articulaire des genoux :

Les genoux étant la principale articulation à absorber les chocs – qui peuvent se révéler particulièrement violents en descente – il est de votre devoir de les ménager, tant grâce à un sac léger que grâce à l’utilisation de bâtons de marche. Certains traumatismes peuvent handicaper sérieusement sur le long terme.

 

  • Problemes de dos :

Sont des effets indésirables d’un sac exagérément lourd, ce qui peut se révéler particulièrement dangereux sur le long terme, en particulier pour de jeunes randonneurs.

 

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Un sac léger et compact permet de gagner en agilité

 

  1. Comment organiser son sac à dos ?

 

Bien que le poids du sac soit primordial, il n’est pas le seul paramètre à influencer l’aisance du randonneur à le porter :

 

  • L’équilibre et l’organisation :

D’une part tentez de faire rentrer votre matériel au maximum à l’intérieur de votre sac, sans utiliser les lanières extérieures qui bien que très utiles pour gagner en place compromettent l’équilibre du sac, et qui doivent être seulement utilisées pour du matériel léger comme un matelas pliable. Votre sac doit être le plus compact possible.

D’autre part essayez au maximum de répartir votre matériel dans votre sac en fonction de son poids, le plus lourd devant se trouver le long de votre dos, le plus léger vers l’extérieur.

Pensez également à utiliser les poches supplémentaires et notamment ventrales, si vous en avez, afin d’accéder rapidement à certains équipements (appareil photo, GPS, etc.).

Pour plus de précisions je vous redirige vers ce très bon article.

 

  • Bien régler son sac à dos :

Pour se faire, la meilleure solution est que juste avant de partir vous vous rendiez dans une boutique spécialisée avec votre sac à dos plein, et que vous demandiez au vendeur de vous aider à le régler. Vous serez toujours aidé avec le sourire, et pourrez recevoir du même coup de précieux conseils.

Si vous souhaitez le régler par vous-même je vous conseille cette vidéo de notre même confrère de randonner-malin.com.

 

  • Amortis :

Un point sur lequel les entreprises de matériel ne cessent d’innover, et qui concerne aussi bien la surface de contact avec le dos, que la ceinture abdominale, ou les sangles de portage. Ces innovations améliorent la tenue, la respirabilité, etc., bref le confort.

Cependant gardez en mémoire que d’une part si votre sac à dos est léger, bien équilibré, et bien réglé vous n’avez pas forcément besoin de ce confort supplémentaire, et que d’autre part plus le sac se veut confortable, plus il est lourd, et donc inconfortable. C’est pourquoi malgré le discours engageant du vendeur, restez cohérent et allez à la simplicité (vous gagnerez aussi d’un point de vue financier).

 

  • Volume :

Le volume du sac en litres est sa capacité en terme de ‘place’, dont dépendra la quantité de matériel et de nourriture que vous pourrez transporter.

On trouve un peu partout sur internet et même dans la bouche des vendeurs spécialisés des conseils du type : pour randonner en autonomie il vous faudra : à la journée un sac de 10L à 35L ; pour 2 a 3 jours : 40L à 50L ; pour 3 a 7 jours : 50L à 65L ; pour plus de 7 jours : plus de 65L, etc. Et comment fait-on pour réaliser un Thru-Hike d’au minimum trois mois ? Ils vous répondront sûrement d’acheter un âne. Ce type de corrélation simpliste entre durée et volume est bien évidemment faux, et s’inscrit dans le principe européen de randonner avec des sacs énormes. D’ailleurs le fait d’acheter un petit sac sera le pas le plus important vers une marche légère. J’ai par exemple rencontré en Nouvelle-Zélande un randonneur ultra-léger avec un sac à dos de 35L, soit en théorie adapté a une randonnée à la journée, alors qu’il marchait 3 000 km.

Le volume du sac dont vous avez besoin dépend de nombreux paramètres comme votre façon de randonner (classique, léger, ultra-léger), la météo que vous allez rencontrer, si vous partez seul ou avec un(e) partenaire avec qui vous pouvez partager le matériel, etc.

Pour un Thru-Hike je vous conseille un sac d’environ 50L, au maximum 60L, qui vous permettra de prévoir suffisamment de place pour la nourriture, et éventuellement du matériel spécialisé si vous devez vous confronter à de la neige. Avec un sac plus gros, soit vous seriez tentés de le remplir avec du matériel superflu, soit il vous gênerait à cause de son volume et de son poids.

 

Pour trouver le sac de vos rêves dirigez-vous vers des marques américaines telles que ULA Packs©, Zpacks© ou encore Osprey© (qui est la seule des trois a être distribuée en France, notamment car elle s’aligne souvent sur des marques européennes comme Deuter©, donc méfiance !). Le très bon site d’ErikTheBlack répertorie les sacs à dos les plus adaptés au Thru-Hiking.

 

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Ce à quoi doit ressembler votre sac a dos

 

  1. Que mettre dans son sac à dos ?

 

Maintenant que vous avez acheté votre sac, vous vous trouvez confronté à la plus grande préoccupation d’un randonneur en autonomie. Vous vous voyez alors peser le pour et le contre de chaque objet : « Est ce que j’ai besoin de ceci ? », « Est ce que cela ne va pas me manquer ? »…

Tout d’abord pour répondre à vos interrogations à propos de chaque objet :

  • Si la réponse est claire dans votre esprit : oui j’en ai besoin, ou non, c’est que votre réponse est juste.
  • Si vous hésitez et êtes incapable de trouver une réponse, c’est que la réponse est non, vous n’en avez pas besoin.

 

Voici une liste du matériel dont vous avez besoin, sachant que les différents types de matériel de randonnée feront par la suite l’objet de rubriques plus précises sur ce site. En attendant, vous pouvez trouver sur internet de nombreuses études comparatives de ces différents types de matériel. Hormis exception évitez absolument les premiers prix dont vous serez déçus sur la longueur du Thru-Hike.

Une bonne manière de remplir son sac est de comparer le poids de chaque élément et d’aller au plus léger, puis de faire une liste de votre matériel en comptabilisant le poids total. Vous aurez alors une idée précise du poids de votre futur sac, sachant que de nombreux items dans cette liste ne seront pas dans votre sac mais sur vous-même, en fonction de vos préférences et des conditions météorologiques.

 

  • Abri / couchage :

    • Sac de couchage : Dirigez-vous vers un sac de couchage classique 3 saisons. Inutile de prévoir un sac de couchage exagérément chaud et confortable qui se révèlera en fait inconfortable pour un Thru-Hike en saison estivale. Privilégiez un petit volume plié, le matériau le plus efficace en termes de rendement volume/chaleur étant le duvet d’oie.
    • Matelas : Un matelas, qu’il soit gonflable ou pliant, est essentiel car il vous protègera du froid et de l’humidité du sol. Vous pouvez aller au premier prix pour cet item, notamment s’il est pliant.
    • + boules quies ?
    • Tente : Pour un premier Thru-Hike je vous conseille de vous diriger vers une tente classique :
      • 3 saisons : propre à une utilisation hors saison hivernale
      • 2 parois : paroi extérieure imperméable + moustiquaire
      • Prévue pour le nombre juste de personnes : 1 personne si vous marchez en solitaire, 2 personnes si vous marchez en couple

Pour ma part j’ai opté pour une tente Zephyros2 (le modèle pour 1 personne n’étant plus disponible lors de mon achat, et celui pour 2 étant en réalité une tente 1 + 1/2) de Wild Country by Terra Nova©, meilleur rapport qualité/prix/poids disponible selon moi sur le marché a ce moment. Cependant si vous pouvez vous le permettre n’hésitez pas à investir dans une tente de haute qualité de type MSR©Vaude©, ou encore dans une tente ultra-légère de type Big Agnes©.

D’autres options peuvent se révéler plus légères et plus abordables en terme de prix mais sont très inconfortables notamment si la météo est mauvaise, et sont des choix envisageables pour des randonneurs expérimentés qui connaissent leurs habitudes et leur niveau d’exigence :

  • la Tarp : toile de bâche tendue de manière à servir d’abris
  • le Bivvy : mix entre une tente et un sac de couchage

 

  • Rangements :

    • Sac à dos : Ne pas oublier de le comptabiliser dans le poids total.
    • Sacs de congélation de type Ziploc© : Vous permettront de stocker votre nourriture (tel que le riz, les pâtes, la semoule, le muesli, le lait en poudre etc.) sans avoir à garder l’emballage.
    • Sacs étanches : Pour protéger vos équipements de l’humidité, vous pouvez éventuellement ranger les différents types de matériel dans différents sacs étanches.
    • Poche à eau ou bouteilles : 2L ou 3L est en général amplement suffisant.

 

  • Hygiène :

    • Serviette microfibre taille XS ou S
    • Brosse à dent
    • Dentifrice : Prévoyez du dentifrice biodégradable de petite taille.
    • Mouchoir en tissu : Qui vous servira également de serviette et de chiffon en général.
    • Savon : Biodégradable également, il existe des savons liquides ou solides ‘tout-en-un’ que vous pouvez vous procurer en boutique spécialisée.
    • Cotons tiges : Transférez un échantillon dans un plus petit contenant comme une boîte de boules-quies.
    • Papier-toilette : Ne portez au maximum qu’un rouleau à la fois, et fournissez-vous dans des toilettes publiques pour ne pas avoir à acheter un pack entier.
    • + rasoir ?

 

  • Navigation / Sécurité :

    • Boussole : Premier prix (sur certains appareils photos / téléphones portables la fonction boussole est comprise).
    • Cartes / notes : Plutôt que de porter des cartes papier utilisez votre Smartphone ou une tablette numérique qui peuvent aussi faire fonction de GPS.
    • + GPS ?
    • + Balise de détresse ? A prévoir absolument si vous marchez en solitaire, en particulier sur un trail difficile (comme le CDT ou le Te Araroa). Il en existe de plusieurs types, pour plus de précisions voir ici.
    • + Téléphone satellitaire ?

 

  • Matériel électrique :

    • Portable + chargeur
    • Batterie de rechange ou chargeur portable ou panneau solaire
    • Ecouteurs
    • Adaptateur : Pour le pays ou vous vous rendez uniquement, ne prévoyez pas un adaptateur universel qui est trop lourd.
    • Lampe frontale : Ne prévoyez pas de piles de rechange mais faites attention à la luminosité de la lampe, si vous la voyez diminuer n’hésitez pas à changer les piles au point de ravitaillement suivant.
    • Montre
    • Appareil photo compact + chargeur
    • + tablette numérique ? Sur laquelle vous pouvez télécharger les cartes et un guide du trail s’il en existe un.

 

  • Kit de réparation :

    • Bracelet de paracorde
    • Fil et aiguille
    • Elastiques
    • Ruban adhésif de type Duct Tape

 

  • Trousse de secours :

    Inutile de prévoir là une trousse de secours à proprement parler, se retrouver dans une situation d’urgence étant extrêmement rare. Néanmoins si cela arrive prévenez les secours, puis venez en aide à la victime avec les moyens que vous possédez, votre maîtrise des gestes de premiers secours étant alors bien plus déterminante qu’une trousse de secours qui serait de toute manière incomplète. Prendre des cours de premiers secours avant un Thru-Hike est donc nécessaire.

    • Couverture de survie
    • Anti-diarrhéique
    • Antidouleur
    • Pansements en rouleau a découper (+ pansements pour ampoule ‘double-peau’ ?)
    • Désinfectant

 

  • Cuisine :

    Les deux principales options qui s’offrent à vous pour cuisiner léger sont soit avec un réchaud à alcool, soit avec un réchaud à gaz basique. Bien que la différence soit faible, l’utilisation de l’alcool est moins chère et plus légère, notamment avec un réchaud fait-maison. Cependant la sécurité et la facilité d’utilisation d’un réchaud à gaz avec lequel il est possible de contrôler l’intensité de la flamme me fait préférer celui-ci. Libre à vous d’essayer les deux options et de vous faire votre propre idée.

    • Casserole
    • Réchaud à alcool / à gaz : Si à gaz, le plus basique est suffisant.
    • Reserve d’alcool / de gaz :
      • L’alcool à brûler peut se présenter sous d’autres formes à l’étranger (comme par exemple des produits d’entretien). Ne pas transporter une bouteille d’1L mais en vider une partie ou en transférer une partie dans un plus petit contenant, 0.5L étant amplement suffisant pour 1 personne.
      • Il existe des cartouches de gaz de différentes tailles, celles de 100g ou de 230g étant suffisantes pour 1 personne.
    • Couteau suisse : Avec des fonctions ciseaux et couverts.
    • Pierre à feu ou allumettes ou briquet : l’avantage de la pierre a feu étant qu’elle est utilisable même sous la pluie, et qu’elle dure bien plus longtemps. L’inconvénient étant qu’on ne peut pas allumer une cigarette avec…
    • Moyen de purifier l’eau : Dans la nature aucun besoin de purifier l’eau la plupart du temps. Pour savoir si de l’eau est potable fiez-vous à son apparence, à son odeur, à son goût, et à l’endroit où vous la prélevez en favorisant une eau courante (à côté de pâturages ne la buvez pas sans l’avoir purifiée). La filtration et la purification de l’eau sont deux processus différents qui peuvent être utilisés en complément l’un de l’autre. La filtration traditionnelle permet d’éliminer la majorité des résidus solides, alors que la purification avec des pastilles de chlore (ainsi que la filtration UV) permet d’éliminer jusqu’à 99% des organismes vivants (bactéries, virus, larves, vers, etc.) présents dans l’eau. Pour ma part je n’utilise jamais de système de filtration, et très rarement de purification, buvant l’eau telle quelle la plupart du temps, mais en faisant attention à l’endroit où je la prélève.
      • Filtre traditionnel
      • Filtre UV : très coûteux
      • Pastilles de purification : Facile d’utilisation et très abordable. Leur utilisation ne doit pas devenir systématique étant donné la toxicité que présente le chlore qui y est utilisé, qui bien qu’en faible quantité, peut avoir à long terme des effets néfastes sur la santé.

 

  • Vêtements :

    D’un point de vue général absolument éviter le coton qui absorbe et rétient l’humidité, et qui peut être une cause d’hypothermie par météo froide et humide. Au contraire la laine mérinos est un excellent matériau qui possède des propriétés thermorégulatrices (plus chaud en hiver, plus froid en été) et antibactériennes (afin de limiter les odeurs). Il est possible de se diriger vers du premier prix sans que cela porte à conséquence. Par ailleurs voici un lien pour aborder de façon plus théorique le principe des couches de vêtements.

    • 1 T-shirt : 1ère couche haut du corps
      • Fonction : aérer le haut du corps tout en évacuant la transpiration.
      • Matériau a privilégier : synthétique ou laine mérinos.
    • 1 Pull : 2ème couche haut du corps
      • Fonction : conserver la chaleur du corps.
      • Matériau a privilégier : polaire.
    • 1 veste de pluie / 1 Poncho : 3ème couche haut du corps
      • Fonction : protéger le haut du corps de l’humidité extérieure et du vent + respirabilité
      • Les vestes de pluie spécialisées (dont le matériau le plus célèbre est le Gore-Tex©) étant très chères, redirigez-vous éventuellement vers des vestes de pluie classiques légères qui ont une bonne imperméabilité mais qui ne permettent pas d’aérer le haut du corps. C’est pourquoi elles peuvent devenir difficiles à porter durant la marche à force d’accumuler la chaleur et donc la transpiration. Pour ma part j’ai utilisé une veste de ce type en Nouvelle-Zélande, mais je ne la portais presque qu’uniquement à l’arrêt.
      • Personnellement je n’apprécie pas les ponchos que je trouve encombrants et peu pratiques à porter. Cependant libre à vous de vous faire votre propre opinion… Voici une étude qui pourra vous y aider.
    • 1 à 3 sous-vêtements : Laine mérinos.
    • 1 à 3 paires de chaussettes : Laine mérinos ou matériaux synthétiques. Il est possible de trouver des chaussettes spécialement concues pour la pratique de la marche / course à pied.
    • 1 short / 1 jupe 1 pantalon : Privilégiez votre confort selon vos préférences, sachant qu’il est tout à fait possible de randonner avec un(e) short / jupe ou un jogging de course classique, ce qui permet de gagner en légèreté et en amplitude mouvement.
      • Un pantalon protège plus qu’un short mais n’a pas pour fonction de conserver la chaleur, et crée parfois même l’effet inverse s’il est humide. Il existe également des pantalons spécialisés convertibles en shorts.
      • Certains rares randonneurs font également le choix du kilt pour gagner en confort, ou des cuissards de cyclisme pour une marche intensive.
    • Collants hommes / femmes : 2ème couche bas du corps par temps froid
      • Fonction : conserver la chaleur du corps + pyjama par temps froid
      • Matériau : laine mérinos
    • + Sous-pull Doudoune ? : Un item léger supplémentaire pour temps froid, et qui par conséquent n’est pas nécessaire pour la majorité des trails. Privilégiez pour le sous-pull une matière élastique proche du corps, et pour la doudoune une doudoune légère si possible en duvet d’oie.

 

  • Accessoires de marche :

    • Chaussures : Avec le petit sac à dos une autre barrière mentale à franchir pour randonner léger… En effet, évitez absolument les chaussures à tige haute pour privilégier des chaussures de randonnée basses, voire des chaussures de course nature (‘Running Trail’).
      • D’une part il est vrai que la chaussure à tige haute maintient la cheville et la protège, mais cette protection n’est pas nécessaire dans l’optique d’une marche légère qui réduit énormément les risques de blessure. De plus, le fait de marcher régulièrement sans tenue renforce la cheville, et donc la protège. Néanmoins ménagez vos chevilles les premiers temps, en particulier sur terrain difficile.
      • D’autre part bien que les chaussures hautes soient parfaites sur un itinéraire alpin, elles ne sont adaptées qu’à ce type de terrain. Étant donné la grande diversité de terrains sur lesquels un Thru-Hiker est amené à marcher, elles seront donc la plupart du temps inadaptées et inconfortables. Enfin, du fait de leur très faible respirabilité elles s’abîmeront très vite dans l’eau et maximiseront le risque d’ampoules et d’infections.
      • Ne transportez jamais deux paires de chaussures, mais soyez conscient qu’une paire de chaussures n’est pas suffisant pour réaliser un Thru-Hike.
    • Bâtons de marche (+ embouts ?) : Primordial pour gagner en aisance durant la marche, ils permettent de :
      • Soulager le poids du sac en en transférant une partie à travers les bras.
      • S’équilibrer, et donc gagner en sécurité sur terrain difficile.
      • Se propulser
      • Il est possible d’y ajouter des embouts afin, d’une part limiter l’impact du planté de bâton sur un milieu fragile, et d’autre part gagner en confort et limiter la nuisance sonore sur route ou sol rocheux.
    • Tongues / Crocs / Sandales : Au bivouac.
    • Lunettes de soleil
    • Couvre-chef : Protégeant du soleil.
    • Crème solaire
    • Répulsif anti-moustique : Pour une efficacité maximale à acheter en pharmacie dans le pays même.
    • + Gants / Mitaines ? Légers mais chauds, du type gants de cyclisme.
    • + Guêtres ? de course à pied

 

  • Nourriture :

    Une liste exhaustive de toute la nourriture que l’on peut porter et consommer durant une randonnée en autonomie serait impossible et inutile, puisque vos idées et vos préférences s’enrichiront au fur et à mesure de vos essais et des astuces que vous trouverez chez d’autres randonneurs, dans des magazines, ou sur internet. Néanmoins je vous partage à titre d’exemple la liste de nourriture que j’ai consommé pendant le Te Araroa, sachant que ma principale préoccupation était d’acheter au moins cher, raison pour laquelle cette liste n’a que très peu évolué pendant mon Thru-Hike :

    • Petit-Déjeuner :
      • Thé ou Lait en poudre (par la suite remplacé par du yaourt en poudre qui s’est avéré plus efficace)
      • Muesli
    • Snacks : 1 le matin + 1 l’après-midi + consommation aléatoire quand la faim se faisait ressentir + compléments aux autres repas
      • Barres de céréales
      • Tortillas avec du beurre de cacahuète et du miel
      • Mix de raisins, cacahuètes et pépites de chocolat
    • Déjeuner :
      • Crackers
      • Fromage sec
      • Saucisson / Chorizo (viande qui se conserve le mieux)
      • Noodles (que j’ai stoppé car je les digérais mal)
    • Dîner :
      • Pâtes / Riz / Couscous / Purée en poudre
      • Conserves de poisson (Thon / Saumon / Sardines) ou de Poulet
      • Soupes en poudre

 

Si vous suivez tous ces conseils et vous efforcez d’aller au plus léger, votre sac devrait peser au maximum 15 kilos, et habituellement autour de 12 kilos.

De plus certains marcheurs profitent de cette légèreté pour ajouter des équipements plus personnels, et pour se faire plaisir, comme par exemple :

  • Calepin + crayon
  • Matériel de photographie
  • Livre
  • Bière / Vin

 

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Snack Tortillas au sommet du Mt Martha Saddle, Nouvelle-Zélande

 

  1. Excuses pour ne pas avoir un sac léger

 

  • Je n’ai pas assez d’argent :

Sans doute la meilleure excuse, il est vrai que la randonnée coûte cher

Mais relativisons, elle ne coûte à vrai dire pas plus chère que d’autres sports qui nécessitent des équipements, tels que l’équitation, la voile, la musculation, le ski, et j’en passe. De plus le Thru-Hiking est non seulement un sport mais également une manière de voyager, et probablement la plus accessible de toutes en terme de coût. Il s’agit d’une question de choix, et si vous avez décidé de réaliser un Thru-Hike tenez-vous en et n’hésitez pas à investir dans des équipements qui vous aideront dans ce défi, et qui resserviront par la suite.

Les équipements de randonnée légers ne sont en général pas plus chers que des équipements classiques, à condition de rester dans la simplicité. Recherchez des compromis qui vous permettront d’allier légèreté, coût, et confort, n’utilisant pas des matières ou des procédés ultra-sophistiqués, qui bien qu’étant un avantage certain ne sont pas nécessaires.

Priorisez vos types d’achats pour investir au plus utile :

  1. Sécurité : bien que coûteuse une balise de détresse doit être votre priorité si vous partez en solitaire, et de manière générale votre sécurité passe avant tout.
  2. Confort : Ne négligez pas votre confort, par exemple pour la tente ou le duvet, tout en restant dans du matériel léger.
  3. Légèreté : Enfin si vous pouvez vous le permettre investissez dans du matériel ultra-léger sophistiqué.
  4. Equipements accessoires : Je n’entends pas par là d’ajouter des équipements à la liste de votre sac à dos, mais au contraire d’en enlever, certains équipements accessoires constituant un coût supplémentaire comme un GPS ou une tablette.

Enfin n’hésitez pas à vous faire offrir du matériel par vos proches, en jouant sur la fibre sentimentale si nécessaire… (Cela fonctionne bien pour la balise de détresse)

 

  • Je suis à l’aise avec un sac lourd :

S’expliquant grâce a une bonne condition physique et/ou au confort du sac à dos, cela ne doit pas vous faire oublier qu’un sac lourd aura toujours un impact plus important sur votre corps, en particulier sur le long terme. De plus, peut-être l’avez-vous déjà expérimenté sur une randonnée en autonomie de courte ou moyenne durée, mais au bout de quelques semaines sur un Thru-Hike, vous n’aurez qu’une chose en tête : l’alléger.

Cependant il est vrai que chacun est différent et que chacun est capable de porter sainement un sac plus ou moins lourd. Un sac léger devant cependant rester une priorité absolue pour les marcheurs les plus fragiles.

 

  • Je préfère avoir des équipements confortables :

Légèreté ne rime en rien avec inconfort tant que l’on ne tombe pas dans des extrêmes ultra-légers, que notre matériel est adapté, et que l’on prend de bonnes habitudes. Par exemple un seul T-Shirt peut paraître insuffisant mais si le tissu est adapté il est possible de le laver et de le remettre après l’avoir fait sécher 10 minutes tous les jours.

Par ailleurs durant votre Thru-Hike vous passerez la plus grande partie de votre temps à marcher, marche pendant laquelle vous serez constamment exposé au risque de blessure, de chute, d’épuisement, etc. C’est pourquoi bien que le confort au bivouac soit aussi très important pour récupérer, le confort de la marche grâce à un sac léger est plus important.

 

  • Les équipements légers sont trop fragiles :

Il est vrai que des équipements extrêmement solides seront plus lourds, mais les équipements légers ne sont pas TROP fragiles pour autant.

D’une part parce que plus certains équipements sont lourds plus ils nécessitent que les autres équipements soient solides et donc lourds. Tout comme l’impact des équipements lourds sur le corps s’inscrit dans un cercle vicieux, les relations entre équipements lourds s’inscrivent également dans un cercle vicieux. Tout est une question de cohérence, si vous randonnez léger faites-le complètement, et aucun équipement ne sera jamais trop fragile.

D’autre part la plupart des équipements très résistants sont prévus pour des conditions extrêmes, comme en alpinisme. De telles conditions ne sont pas présentes sur les trails classiques, vous n’en avez donc pas besoin. Le véritable ennemi du matériel pendant un Thru-Hike est l’usure, qui atteint aussi bien les équipements classiques que légers.

 

  • J’ai besoin d’autres affaires pour la suite de mon voyage :

Il s’agit là d’un problème auquel je me suis retrouvé confronté en Nouvelle-Zélande. Transporter des affaires de voyage classiques, notamment des vêtements, durant votre Thru-Hike en prévision de la suite est absolument inenvisageable… Vous n’êtes pas un voyageur classique ! Dans ce cas n’hésitez pas à vous renseigner sur internet avant votre départ, ou auprès des autres randonneurs sur place (ils auront peut-être des idées que vous n’avez pas), mais sachez qu’il existe toujours au moins une solution !

  • Renseignez-vous notamment auprès des services postaux : en Nouvelle-Zélande il existe un service appelé Post Restante qui permet de conserver un colis pendant au maximum 2 mois pour environ 20 euros.
  • Un casier dans une gare, un aéroport, une auberge de jeunesse, etc. est aussi envisageable à condition de ne pas être trop coûteux.
  • Si vous avez des amis, des connaissances ou de la famille dans le pays n’hésitez surtout pas à leur confier vos affaires en trop.
  • Vous avez aussi la possibilité de vous racheter des affaires dans des boutiques caritatives (type la Croix-Rouge) qui proposent de nombreux articles à très bas coût.
  • Enfin dans le pire des cas vos proches pourront vous renvoyer des affaires sur place.

 

  • Et si je reste bloqué en pleine nature et que je n’ai pas suffisamment de nourriture / équipements ?

Tout d’abord il faut bien dissocier la nourriture qui se consomme et pour laquelle il faut donc que vous vous rendiez dans une ville afin de vous ravitailler, des équipements qui sont durables et pour lesquels si vous êtes correctement organisés vous n’aurez besoin de revenir à la civilisation que très rarement. Donc si vous êtes bloqué dans la nature le problème concernera normalement la nourriture.

Un  sac léger permet une plus grande autonomie puisque la quantité restreinte d’équipements laisse un plus grand volume disponible pour la nourriture. Un sac léger est donc plus adapté, à condition que vous planifiez précisément votre parcours en fonction du terrain rencontré et des prévisions météorologiques, et que vous étudiez les options de sortie d’une section. Par ailleurs prévoyez toujours au minimum un jour supplémentaire de nourriture sur une section importante.

Deuxièmement il faut différencier un arrêt dû à une situation d’urgence comme une blessure, d’un arrêt dû à de mauvaises conditions météorologiques, ou autres :

  • Dans le cas d’une blessure ou plus généralement d’un état physique qui condamnerait complètement votre mobilité, n’hésitez pas à prévenir les secours qui arriveront au maximum au bout de 5 heures dans les pays possédant un système de recherche et de secours développé. N’attendez pas que votre état s’aggrave, et ne vous obstinez pas à continuer, ce qui l’aggraverait d’autant plus.
  • Dans le cas de conditions naturelles qui vous empêcheraient d’avancer, réorganisez votre itinéraire en fonction du nombre de jours d’autonomie qu’il vous reste, quitte à faire demi-tour. Néanmoins le fait de marcher léger sera pour vous un avantage énorme comparé à des randonneurs classiques, car vous gagnerez en mobilité.

 

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Une rivière en crue peut vite devenir un obstacle infranchissable
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4 réflexions au sujet de “Débuter le Thru-Hiking”

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