St Jacques de Compostelle, Trails

Les Chemins de St Jacques de Compostelle

I

La Voie de Tours

J’ai entrepris de marcher les chemins de St Jacques de Compostelle motivé par l’envie symbolique de partir de la porte même de mon chez-moi, à Orléans, et de parcourir des chemins qui me mèneraient comme par hasard à l’autre bout de l’Europe. Ma destination : Lisbonne, en empruntant la Voie de Tours en France, le Camino Francés en Espagne et le Caminho Portuguese au Portugal. 2 200 kilomètres, une banalité pour un thru-hiker. Car c’est bien en temps que tel que je me suis jeté à l’eau, considérant le Camino de Santiago comme un trail similaire à tout autre, simplement à la fois plus facile, et à la fois plus historique. Ayant grandi entre campagne et ville, je souhaitais aussi redécouvrir la France de manière différente, en particulier en revenant aux valeurs simples de la France paysanne, et en allant à la rencontre de ses habitants. C’est également en tant que catholique, croyant et pratiquant, que je suis parti, accomplissant ainsi à mes yeux un acte avant tout logique… Un pèlerinage n’est-il pas originellement un chemin vers Dieu ? En voici un compte-rendu personnel de la première partie, la Voie de Tours, que j’ai suivie en France d’Orléans à St Jean Pied de Port.

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Itinéraire de la Voie de Tours ©ACIR Compostelle

 

 

 

1. Des lieux

Les campagnes de France

Si l’on considère la Voie de Tours comme un trail classique comparable à ceux que l’on peut trouver aux États-Unis ou dans d’autres parties du monde, la première impression ne peut être que négative. En effet, il s’agit presque intégralement d’une traversée des immenses zones rurales que l’on connaît en France, sur un terrain désespérément plat. Cela signifie avant tout de longues marches à travers champs sur des chemins plutôt agréables bien que très classiques, ou bien sur routes, ce qui s’avère parfois dangereux. Le chemin s’étire ainsi dans les campagnes de la Touraine, du Poitou et de la Charente où s’étendent des cultures de blé ou de maïs, ou bien encore dans les vignobles réputés de la Gironde. Quelques passages minoritaires viennent rompre l’ennui, par exemple dans les quelques forêts aux abords de Tours, ou dans la forêt des Landes, la plus grande de France, dont la traversée par d’immenses routes s’étendant toutes droites sur des kilomètres peut néanmoins provoquer une lassitude évidente. Certains sentiers le long de la Loire offrent également de somptueuses perspectives, ayant même fait s’exclamer un randonneur québécois « La partie entre Orléans et Meung-sur-Loire est la plus belle randonnée que je n’ai jamais marchée ! ». Néanmoins il faut attendre le Pays basque, qui préfigure ce que l’on trouve en Espagne, pour véritablement connaitre les plaisirs simples de la randonnée en nature, et la toute fin de la Voie de Tours pour affronter le seul véritable dénivelé lors de la traversée des Pyrénées. Ruralité signifie aussi chasse, et il m’est arrivé plus d’une fois d’en faire les frais au petit matin en traversant à mes dépens le terrain de jeu des chasseurs, à tel point que je me suis même retrouvé par hasard au milieu d’une zone de battue au gros gibier… Malgré la cordialité inépuisable des dits chasseurs, il existe sensation plus agréable, je vous l’avoue. Et bien sûr ruralité signifie enfin produits du terroir, que les gourmets ne pourront se lasser de déguster tout au long du chemin, des vins de Gironde au Cognac, en passant par les cannelés et le fromage de chèvre Sainte-Maure-de-Touraine.

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La Voie de Tours, bordée de champs, s’étend à travers la France.

 

L’héritage du pèlerinage

Puisque l’intérêt de la Voie de Tours ne se trouve pas dans les paysages naturels, il faut aller le chercher ailleurs, à l’origine même de ce « trail » particulier, qui ne l’oublions pas est un pèlerinage historique, l’un des plus importants depuis le Moyen-Âge avec le pèlerinage de Rome et celui de Jérusalem. Logiquement, l’Histoire tient donc une place primordiale lors de cette traversée de la France, et plus particulièrement l’histoire médiévale. On trouve sur le chemin de nombreux sites historiques, parfois classés au patrimoine mondial de l’Unesco, avec de vieilles églises romanes et gothiques, des abbayes, des châteaux de toutes époques, et même un ancien hôpital des pèlerins dans la ville médiévale de Pons. Dans ces monuments, et sur ces chemins, qui ont vu passer au fil des âges tellement de marcheurs avant nous, l’on ne peut que s’émerveiller devant l’importance et la richesse d’un tel héritage. Autant dans les villes qui regorgent souvent de trésors architecturaux à la découverte desquels l’itinéraire officiel nous mène, que dans les campagnes reculées où se cache parfois dans une vieille église un joyau de l’art roman, la Voie de Tours nous invite à toujours pousser de nouvelles portes et à toujours faire preuve de curiosité. Les cultures locales se ressentent ainsi fortement à travers cet héritage architectural, mais bien plus que de simples monuments, c’est à travers le partage d’une culture et d’une mémoire collective que l’on apprend à connaître ces régions de France, que l’on imagine bien trop hâtivement uniformément semblables. Les origines, les récits et les personnages ne sont pas les mêmes partout, n’en déplaise à ceux qui voudraient nous faire croire que Vercingétorix et Jeanne d’Arc sont nos ancêtres communs, et c’est véritablement en prenant le temps d’aller à la rencontre de cette France aux multiples facettes, à pied donc, que l’on peut pleinement le réaliser. Néanmoins, si l’on trouve bien un fil conducteur au cours de ce pèlerinage dans l’espace et dans le temps, c’est celui de la religion chrétienne, omniprésente dans le patrimoine que l’on peut y voir, et qui nous invite par bien des aspects à nous pencher sur notre spiritualité, en tant que chrétien ou non.

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L’Abbaye St Martin de Ligugé est un point phare dans l’histoire de la chrétienté en France.

 

 

2. Des rencontres

Des pèlerins qui se mettent en marche

Il n’est pas forcément évident dans la culture populaire que le pèlerinage vers Compostelle, auparavant profondément chrétien, et qui devait mener le pèlerin à la rédemption, ne l’est plus. En effet, l’énorme majorité des marcheurs, qu’ils se réclament d’une quelconque confession religieuse ou non, ne sont pas motivés par des raisons religieuses, et encore moins chrétiennes. Que cela rassure donc ceux qui auraient peur de s’y retrouver plonger dans un univers d’intégrisme chrétien, dans lequel des pèlerins en manteau et en sandales se flagelleraient à la nuit tombée pour expier leurs péchés. Cependant, l’on ressent véritablement une certaine spiritualité chez ces marcheurs qui se lancent sur les routes en n’ayant la plupart du temps jamais connu une telle aventure. Il en faut du courage pour quitter travail et enfants, et pour se retrouver face à soi-même dans le but de marcher des distances interminables pendant des jours et des jours. C’est un sentiment que l’on retrouve sur tous les trails de longue distance, celui d’une détermination et d’une raison d’être plus fortes que ne peut le connaître le commun des mortels, mais cette spiritualité se trouve ici exacerbée par le lieu, par l’histoire, et par les témoignages qui nous invitent toujours plus à faire face aux véritables questions qui hantent au plus profond de soi chaque être humain. Ces questions auxquelles l’on ne peut ou ne veut pas penser, par manque de temps et de courage. Les marcheurs de Compostelle sont justement en route pour faire face à leurs interrogations les plus profondes afin de mieux affronter leurs préoccupations quotidiennes. Ils ne sont pas plein de certitude, ils ne sont pas plein de foi, mais plein de doute et d’espoir. C’est au nom de cet espoir qu’ils se mettent en marche vers l’inconnu, et qu’ils partagent avec les autres. La marche est un acte de solitude, qui permet l’introspection, mais non un acte de repliement sur soi. Au contraire, c’est en apprenant à se connaître que ces marcheurs, ces hommes et ces femmes, trouvent le courage de se tourner vers les autres et d’affronter l’Inconnu dans le monde qui nous entoure. J’avoue avoir été quelque peu déçu en tant que chrétien de ne rencontrer personne qui partage ma foi, mais cette spiritualité universelle qui se partage sur ce chemin comme se respire l’air qui nous entoure, est porteuse d’une telle force et de valeurs d’une telle vérité, que chacun ne peut que se sentir poussé sur son propre chemin intérieur, quel qu’il soit.

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Se mettre en marche répond souvent à une soif de spiritualité.

 

Des habitants qui accueillent

On rencontre également sur le chemins de nombreux habitants qui nous accueillent dans leur région, leur ville, leur village. Souvent pour établir avec eux un rapport commercial bien sûr, mais parfois simplement pour parler un peu dans la rue, échanger un sourire. Grâce à la solidarité générale que manifestent les populations locales envers les marcheurs, ces rencontres se déroulent de façon si simple qu’il en est presque surprenant de se retrouver à parler avec animation avec un inconnu que l’on vient de rencontrer dans la rue. Ce sont de tels moments, si rares dans notre société française, que le pèlerinage permet en dénouant comme par enchantement les préjugés et les peurs qui nous retiennent d’aller vers l’autre. L’énorme majorité des rencontres que l’on fait est positive, nous enrichit d’une nouveauté, nous apprend à devenir meilleur. Sur le plan matériel également on peut recevoir beaucoup, si l’on prend le temps d’apprendre à connaitre son interlocuteur peut être nous réservera-t-il une surprise : quelques pommes ou tomates, un pot de confiture, un repas, un lit chaud… Néanmoins, c’est en écoutant ce que les gens ont à dire que l’on trouve le plus de richesses, leurs petits soucis du quotidien, la façon dont ils cultivent la terre ou chassent le gibier, et puis parfois les souvenirs d’histoires fabuleuses remontant à des temps immémoriaux, celles de la France, celles des Français, celles de l’Homme. Lorsqu’on est pèlerin il faut toujours accepter ce qui nous est offert, qu’il s’agisse d’un don matériel, d’un savoir particulier, ou d’un simple geste d’amour. Cela nous fait grandir et nous permet de donner plus encore à notre tour, sans rien attendre en retour, afin de faire vivre quotidiennement des valeurs humaines qui trop souvent s’oublient dans le coeur des gens et dans les rues des villes. Le pèlerinage sur la Voie de Tours permet ainsi de redécouvrir autrement des personnes que l’on pourrait croiser tous les jours sans même regarder, et certains diraient de « reprendre confiance dans les Français », qu’une simple coquille accrochée à un sac permet de voir sous un jour nouveau.

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C’est au contact des autres que le pèlerinage prend tout son sens pour s’illuminer d’une lumière nouvelle.

 

 

3. Conseils pratiques

Où dormir ?

Il existe une multitude de manières de marcher sur la Voie de Tours, et en général sur les chemins de Compostelle, autant qu’il existe de marcheurs dit-on parfois. Voici néanmoins quelques traits communs que l’on peut aisément ranger en catégories :

  • La plupart des marcheurs logent en gite ou chez l’habitant, profitant ainsi d’un réseau qui bien que peu développé par rapport à ce que l’on peut trouver en Espagne, est suffisant pour répondre aux besoins du peu de marcheurs qui parcourent la Voie de Tours. Il est très facile de se procurer des carnets d’adresse auprès des offices de tourisme. Cette manière de marcher permet de voyager léger, sans s’encombrer d’une tente, et assure un certain confort notamment par mauvais temps. Néanmoins elle nécessite une bonne organisation et condamne complètement la liberté des étapes. Par ailleurs elle nécessite un budget important, pour payer soit le donativo (don libre) de quelques euros lorsqu’on loge chez l’habitant, soit le prix d’une dizaine d’euros pour la nuit dans un refuge pour pèlerins géré par une association locale, soit les tarifs commerciaux des gites ruraux, chez l’habitant, etc, qui se dissimulent souvent dans les guides en se faisant passer pour un accueil chez l’habitant.
  • L’autre manière la plus répandue, bien que très minoritaire, consiste à dormir en tente. Cela nécessite une certaine expérience et un certain sacrifice du confort, mais permet de gérer complètement ses étapes, leur longueur et le lieu où l’on dort. Le « camping sauvage » ne pose aucun problème en France tant que l’on reste respectueux de l’environnement, de la propriété privée et du voisinage. Il s’agit du meilleur choix si l’on recherche une plongée dans la nature, bien que la Voie de Tours ne propose pas véritablement de milieu sauvage, et surtout si l’on ne part pas avec un gros budget. Il s’agit de la manière de voyager que j’ai personnellement choisi pour effectuer la Voie de Tours en octobre, et j’en ai été très satisfait. Par ailleurs pendant la saison estivale, jusque fin septembre, il est également judicieux d’utiliser le très bon réseau de campings communaux qui permettent de planter la tente sur un terrain confortable et de prendre une douche chaude pour un prix dérisoire (entre 2 et 4 euros dans la plupart des cas).
  • D’autres possibilités existent, comme de voyager très léger et de profiter des services d’hôtels etc, ou bien de se faire suivre sur les étapes par des proches en voiture (notamment pour les marcheurs les plus faibles qui auraient besoin d’un soutien), ou encore de profiter des services d’une entreprise privée pour le transport du sac. On rencontre également sur le chemin des sdf, des itinérants, des marcheurs avec des ânes, des coureurs… bref, les possibilités sont infinies. À titre d’exemple j’ai rencontré un jeune Belge qui voyageait avec un sac minuscule ne contenant que des vêtements et quelques livres, et qui trouvait tous les soirs à se loger et à manger en demandant auprès des habitants ou auprès des mairies qui ont souvent la capacité de mettre à disposition une salle pour les pèlerins.

 

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Camper dans la douceur d’un soir d’automne…

 

Comment manger ?

La Voie de Tours traverse tant de villes et de villages possédant presque toujours des commerces et des services qu’il est absolument inutile de prévoir plus d’un jour d’autonomie, ce qui alourdit d’autant le sac, y compris si l’on choisit l’option de camper. Dans ce cas en particulier il faut faire attention à ne pas prendre trop de choses comme lors d’une excursion en nature. C’est pourquoi cuisiner ses repas au réchaud est à mon avis une mauvaise idée, étant donné que cela alourdit en soi le sac, encourage à prendre avec soi beaucoup de nourriture, et est surtout inutile. En effet il est tout à fait possible d’acheter un repas froid en grande surface pour presque rien. A titre d’exemple j’avais pour habitude de manger le matin du muesli, le midi dans une brasserie, restaurant, kebab, fast-food, etc. pour 10 euros ou moins, et le soir au bivouac une boite de taboulé et un sandwich achetés en grande surface pour 2 euros. L’argent économisé chaque jour me permettait de dormir de temps en temps dans des refuges, tout en respectant un budget de 15 euros par jour que l’on peut énormément réduire si l’on achète tous ses repas en grande surface / épiceries, sachant que l’on en rencontre tout au long du chemin au moins une par jour.

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Les chemins infinis qui traversent la Forêt des Landes laissent tout le temps de s’imprégner de la sérénité pittoresque que dégagent ces décors.

Que mettre dans son sac ?

La Voie de Tours ne nécessite aucun équipement de randonnée particulier puisqu’il s’agit d’une marche d’un niveau majoritairement très facile. Pour cette raison, et celles que j’ai précisé ci-dessus dans les rubriques Où dormir ? et Comment manger ?, sur la Voie de Tours le poids du sac ne devrait pas dépasser 10 kilos. Pour ceux qui ne réussiraient pas à alléger leur sac, je ne peux que vous inviter à lire sur ce même blog l’article Débuter le Thru-hiking : Marcher léger. Par ailleurs, voici à titre d’exemple le contenu de mon sac avec lequel j’ai marché la Voie de Tours en octobre et en campant, pesant 6 kilos sans eau et sans nourriture. Le contenu en est pour beaucoup similaire à celui que je conseille dans l’article ci-dessus, auquel il faut donc se référer pour plus de précisions :

  • 1 sac de 40 L
  • 1 tente Zephyros 2 sans paroi intérieure (1 kg)
  • 1 sac de couchage Phantom Spark (1 kg) et son sac étanche
  • 1 kit de réparation/électrique
  • 1 kit hygiène/trousse de secours
  • 1 tablette Asus et sa pochette étanche
  • 1 GPS
  • 1 balise de détresse
  • 1 paire de lunettes de soleil
  • 1 lampe frontale
  • 1 couteau multifonctions
  • 1 porte-monnaie / porte-feuille (poche zippée)
  • Vêtements : 1 short, 1 leggings de course, 1 T-shirt, 1 polaire légère, 1 veste, 1 casquette, 1 paire de gants, 1 paire de chaussettes, 1 paire de chaussures de running trail

 

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St Jean Pied de Port, ligne d’arrivée de la Voie de Tours et porte sur l’Espagne, est une petite ville empreinte du charme désuet du Pays Basque dans laquelle l’on croise une foule de pèlerins quelle que soit la saison.

 

Comment se repérer ?

  • Même sans GPS et sans carte, le balisage est suffisamment bon pour marcher sur la Voie de Tours sans encombres. Seule est à déplorer la multitude de balises de formes différentes, et également plus ou moins précises et plus ou moins fréquentes, en fonction des départements. La balise classique de type GR, ou la variante bleue et jaune propre au pèlerinage de Compostelle, étant cependant majoritaire.
  • L’utilisation de cartes me paraît inadaptée à de la marche de longue distance, en particulier des cartes classiques de randonnée au 1:25000, qui s’avèrent particulièrement encombrantes. Si vous souhaitez privilégier des cartes papier, il peut être judicieux d’imprimer l’itinéraire de chaque étape en format A4/A5.
  • Un GPS peut en revanche être un choix judicieux, léger et pratique, et permettant éventuellement de prendre des libertés avec l’itinéraire officiel. Je n’ai cependant pas réussi à trouver sur internet un enregistrement de la totalité du parcours, mais seulement de Mirambeau à St-Palais.
  • Il existe de nombreux guides, dont le plus connu le guide Lepère, que je déconseille du fait des cartes imprécises et des conseils pratiques (adresses des refuges, numéros, etc.) qui ne sont plus à jour. Un guide GR ou Michelin par exemple constitue un meilleur choix.
  • L’utilisation d’une tablette permet à la fois de gagner en polyvalence et en poids. Pour ma part j’ai favorisé l’utilisation des balises, avec en complément un GPS et une tablette sur laquelle j’avais accès à la documentation fournie par l’ACIR. Il est également possible de se procurer un guide numérique en format PDF, ou en numérisant un guide papier.
  • Le très bon site Gronze répertorie tous les chemins de St Jacques de Compostelle et permet d’organiser facilement ses étapes.

 

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L’une des nombreuses balises que l’on peut trouver sur le chemin.

 

Les chiens

Les chiens sont rois en France, et c’est en la traversant à pied, sur la Voie de Tours, qu’on l’apprend plus que jamais. Il existe toutes sortes de chiens, et toutes sortes de situations où les croiser. Certains sont adorables, certains aboient, d’autres grognent et d’autres encore attaquent pour mordre. Surtout, il est impossible de prévoir la réaction d’un chien, c’est pourquoi la méfiance doit être votre premier réflexe, et cela même si le maître est présent. En effet, vous ne pouvez pas non plus compter sur les maîtres, qui dans la majorité des cas sont incapables de contrôler leur chien, et qui cherchent en priorité à protéger leur animal de compagnie plutôt que le marcheur qu’il agresse. Par ailleurs, il est fréquent à la campagne de rencontrer des chiens en liberté, qui parfois attaquent. Vous ne pouvez donc compter que sur vous-même, et même si c’est véritablement de votre propre expérience, au fil des rencontres, que vous apprendrez à réagir correctement, voici quelques conseils pour vous aider à faire face à ce problème peut-être insoupçonné, mais bien réel :

  • Ne pas tourner le dos, ni surtout s’enfuir en courant.
  • Faire face et continuer doucement mais fermement son chemin en contournant le chien le plus possible, puis s’éloigner doucement en continuant à lui faire face.
  • Éventuellement l’effrayer en criant, levant les bras, tapant du pied, utilisant des bâtons.

Les chiens sont un tel problème que j’ai rencontré un marcheur espagnol qui s’était muni d’un bâton de marche, un seul, pour se défendre en cas de besoin. Un autre randonneur m’a avoué s’en être déjà servi pour frapper un chien qui attaquait. Il s’est depuis lors équipé d’une bombe lacrymogène contre les chiens, légère et efficace, adaptée du modèle qu’on utilise couramment outre-Atlantique pour se défendre des ours… Révélateur, bien qu’à mon avis quelque peu disproportionné. Néanmoins, même sans en arriver à de tels extrêmes et à parler d’attaques, quoi de plus désagréable que de traverser un village et de l’entendre soudain résonner d’aboiements hargneux ! Désagréable d’un point de vue sonore bien sûr, mais surtout parce que c’est dans de tels moments que l’on se sent plus que jamais rejeté, les habitants sortant sur le pas de leur porte pour jeter sur vous un coup d’oeil méfiant, les chiens hurlant à la mort de toute part, et toute la rue revenant finalement au calme lorsque vous voilà passé. J’aimerais tout de même préciser, pour finir cette rubrique pour le moins originale, que je ne suis pas empli d’une haine irrationnelle contre les chiens, ce sont des animaux formidables. Pour autant, je mets en garde contre l’utilisation courante qu’il en est faite en tant qu’animaux domestiques.

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Certains chiens remplissent toutefois leur rôle de garde de manière paisible…

 

 

 

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