St Jacques de Compostelle, Trails

Les Chemins de St Jacques de Compostelle

III

Le Caminho Português

Le Caminho Português constitue la principale voie du pèlerinage de Santiago au Portugal. Il s’étend sur 600 kilomètres de Lisbonne au Sud jusqu’à Santiago en Espagne au Nord, et représente le deuxième chemin le plus emprunté parmi l’immense réseau du pèlerinage de St Jacques de Compostelle, après le Camino Francés. J’ai entrepris de marcher jusqu’à Lisbonne depuis Santiago, après l’avoir atteint par la Voie de Tours en France et le Camino Francés en Espagne. Ma démarche ne s’inscrivait donc plus dans le pèlerinage de St Jacques de Compostelle en soi, mais se justifiait par mon intérêt pour la marche de longue distance et le voyage à pied. Sur le plan religieux il faut toutefois mentionner que j’ai ainsi complété le pèlerinage de Fatima au Portugal, quatrième lieu de pèlerinage catholique, qui se situe pratiquement sur l’itinéraire officiel du chemin de Compostelle, et qui possède son propre réseau de chemins bien que d’une ampleur très inférieure à celui des chemins de St Jacques. Si vous cherchez des informations à propos du Caminho, vous vous heurterez à de nombreux avis très divergents, et j’avoue que moi-même je ne savais pas réellement à quoi m’attendre en quittant Santiago pour retourner marcher. Certains vous diront (véridique) que 90% de la marche s’effectue sur des routes dangereuses et que les Portugais sont des fanatiques religieux, d’autres au contraire vous diront que ce chemin est charmant, regorge de paysages naturels, et que les Portugais sont les personnes les plus accueillantes au monde. C’est pourquoi je suis parti par une journée pluvieuse de novembre le cœur ouvert à toute éventualité, bonne ou mauvaise, et voici mon expérience personnelle de ce chemin à la découverte des Portugais et du Portugal.

 

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Itinéraire du Caminho Português

 

 

1. Des lieux

Un itinéraire contrasté

Tout d’abord il est important de préciser que le Caminho Português n’est pas un chemin exclusivement portugais, comme par exemple les chemins en France le sont, puisque au Nord il s’étend en Galice espagnole sur plus de 100 kilomètres. Bien que d’une distance moindre comparée à sa totalité, cette étape n’est pas à négliger car le passage de la frontière représente un événement important dans l’environnement du marcheur, en particulier culturel, mais surtout d’un point de vue psychologique. Pour la majorité cela signifie l’approche du but ultime de Santiago, et pour moi qui me dirigeait vers le Sud ce passage de la frontière signifiait que je rentrais dans le vif du sujet. A cause de cette coupure la partie en Espagne m’a paru bien plus longue qu’elle ne l’est réellement, et m’a marqué comme un trail à part entière détaché du Caminho Português. Cette partie espagnole, bien que presque constamment urbanisée, confère une impression agréable car cette urbanisation éparpillée laisse néanmoins une place importante à la nature dans laquelle elle s’exprime harmonieusement, du fait de l’architecture traditionnelle des villages, de l’agriculture douce qui y est pratiquée, et de la culture galicienne dont l’authenticité des cornemuses résonne comme un signe de respect pour les valeurs de la terre. Cet environnement se prolonge au Portugal après la traversée du fleuve Minho qui marque la frontière, avec sur sa rive nord la ville espagnole de Tui et sur sa rive sud la ville portugaise de Valença. Le chemin conserve cette atmosphère insouciante jusqu’à Porto, rythmé par la traversée de villes et de villages typiques qui permettent de se familiariser avec l’ambiance colorée et joyeuse du Portugal, mais également par des zones de nature parfois très vallonnées recouvertes de forêts de pins et d’eucalyptus où il fait bon marcher. Etant donné que la marche de Porto à Santiago se révèle en majorité très agréable et que Porto se situe relativement près de Santiago, nombreux sont les pèlerins à ne marcher que cette partie du Caminho, et non depuis Lisbonne, ou bien en sens inverse à marcher jusqu’à Porto en prolongement de leur pèlerinage à Santiago. Par ailleurs je tiens à faire remarquer qu’il existe également un chemin côtier partant de Porto vers le Nord, et rejoignant l’itinéraire du Caminho Português à Redondela en Espagne. Puis entre Porto et Coimbra le trail change radicalement de physionomie et, malgré quelques passages subsistant en forêt, il suit presque intégralement des axes urbains sans le moindre intérêt, avec des marches sur route systématiques qui s’avèrent parfois très dangereuses. Etant donné que j’ai essuyé sur cette étape une tempête qui a rendu ma marche extrêmement difficile, mon avis n’est néanmoins pas complètement objectif, car dans une certaine mesure le très mauvais souvenir que j’en garde est également lié à ces conditions. Quoi qu’il en soit j’ai retrouvé après Coimbra un véritable plaisir de randonnée en découvrant une campagne portugaise reculée et bucolique, où les exploitations traditionnelles d’oliviers alternent avec des montagnes recouvertes de pins dans les vallées desquelles résonnent les cloches des troupeaux de moutons. Les villages, très pauvres, semblent figés depuis un siècle, et la beauté surannée de cette vie simple rappelle le contexte des apparitions de Fatima où l’itinéraire nous emmène. Enfin, le chemin descend vers le Tage, plus grand fleuve de la Péninsule Ibérique qui relie les deux sœurs défiantes Madrid et Lisbonne, pour le longer de près ou de loin à travers des campagnes recouvertes de champs très classiques, et finalement atteindre la gigantesque banlieue de Lisbonne. Dans un dernier soubresaut le Caminho s’en écarte alors, pour plonger définitivement dans le cœur de la mégalopole culturelle et artistique qu’est la capitale du Portugal.

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Dans le voisinage de Fatima les paysages se marquent d’un caractère méditerranéen.

 

Des villes emblématiques

L’itinéraire de ce Caminho Português central est très intéressant car il permet de véritablement découvrir ce qui constitue le cœur de l’identité portugaise à travers les plus grandes villes du pays, Porto, Coimbra et Lisbonne, qui abritent le principe de la dynamique culturelle et économique nationale. Etant donné que le Portugal est un pays petit qui se rassemble autour d’une fierté nationale très forte, entretenant cette unité indissoluble par des symboles populaires comme leur équipe de football, leur gastronomie, ou encore la beauté de leurs villes, le Caminho Português représente la chance réelle d’apprendre à connaître ce pays en marchant. Je ne parle pas là d’une liste catégorique de lieux et d’attractions qu’il faudrait absolument visiter pour tout connaître du Portugal. Bien au contraire, la marche permet de prendre son temps afin de s’imprégner de l’atmosphère d’un lieu, de sa culture, et de son histoire. Bien qu’une multitude d’endroits fabuleux demeurent en dehors du Caminho, notamment les trésors naturels des régions plus sauvages, tous ces lieux traversés et notamment ces villes, constituent un tout très cohérent dans sa variété. Tout d’abord les villes et les villages du Nord comme Valença, Ponte de Lima ou Barcelos, dont l’architecture très marquée arborent fièrement des murs entiers d’azulejos aux couleurs débordantes, mènent à la somptueuse Porto, dressée fièrement sur une colline d’où elle surplombe le fleuve Douro. A l’instar de Coimbra et Lisbonne, s’y mêlent gracieusement la grande histoire dont les témoignages les plus précieux se visitent partout dans la ville, et la culture portugaise intime, qui se révèle aux cinq sens dans le dédales des ruelles colorées et dans l’animation du quartier de la Ribeira, où il fait bon déguster les spécialités locales comme la Francesinha. A cause de l’affluence touristique que Porto et Lisbonne attirent, il peut être néanmoins judicieux d’éviter de s’y rendre au plus fort de l’été. Là où Porto a décidé d’édifier sa cathédrale au pinacle de la ville, Coimbra y a placé son université. En gravissant la colline pour pénétrer dans le centre historique, on croirait voir un château dans ces bâtiments majestueux. Cette université exceptionnelle constitue non seulement le centre historique et culturel de la ville, abritant un héritage très riche avec notamment la fascinante bibliothèque Joanina, mais représente également le centre vivant du savoir et de l’enseignement au Portugal, où depuis des générations des millions de Portugais ont effectué leurs études. A l’approche de Fatima l’architecture exubérante laisse place à de petites maisons blanches, dont la beauté authentique rappelle celle des mœurs de leurs habitants qui y vivent très simplement. Le superbe dépouillement et le silence fervent de Fatima semblent s’être répandus dans la terre alentour. Il est à noter que Fatima ne se situe pas exactement sur l’itinéraire historique du pèlerinage de Compostelle, qui passe un peu plus à l’Est par la ville de Tomar. Etant donné que le réseau de chemins pour ces deux pèlerinages est très dense dans cette région, et permet toujours de se reconnecter à l’itinéraire principal, il est tout à fait possible de choisir l’option que l’on préfère emprunter. Cependant je conseille fortement de passer à la fois par Fatima et par Tomar, dans un ordre ou dans un autre, puisqu’il existe un agréable chemin reliant les deux villes. En effet, Tomar abrite un château de l’Ordre des Templiers avec un couvent splendide, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, et qui à lui seul mérite amplement que l’on fasse le détour. Enfin Lisbonne, à la fois immense et chaleureuse, constitue une expérience hors du commun, qui ne peut que forcer le voyageur à s’y arrêter quelques jours pour découvrir les trésors d’histoire, de culture, et d’art qu’elle recèle. Ne serait-ce que pour déambuler à la nuit tombée dans les rues tortueuses du quartier de l’Alfama, en se laissant guider par le chant bouleversant du fado. Grâce à toutes ces découvertes, et malgré la barrière de la langue, je me suis senti sur ce chemin extrêmement proche du peuple portugais, car j’avais désormais les outils pour le comprendre.

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Le fameux pont Dom Luis qui à Porto enjambe d’un pas le Douro.

 

 

2. L’Homme au centre de la marche

Une marche solitaire

Après avoir quitté l’effervescence de Santiago et du Camino Francés par lequel j’y suis arrivé, sur lequel il est presque impossible de marcher une journée sans rencontrer d’autres pèlerins, le Caminho Português m’a semblé extrêmement vide. Déjà lorsque j’avais suivi la Voie de Tours en France, je n’avais rencontré que très peu d’autres pèlerins, et l’arrivée à St Jean Pied de Port m’avait fait l’effet d’une plongée dans une foule agitée. J’ai donc du envisager la marche au Portugal comme un retour à cet état de solitude, accentué par le fait que je n’étais pas ici comme en France entouré de personnes parlant ma langue et partageant ma culture. Etant donné que le pèlerinage n’a de sens que pour atteindre un objectif, et donc dans une seule direction, il est plutôt rare de rencontrer des marcheurs s’éloignant de Santiago, sur quelque chemin que ce soit. Rares sont ceux motivés par des raisons religieuses ou sportives à effectuer le retour, la vuelta en espagnol, pour rentrer chez eux à pied. Par ailleurs la difficulté lié au contraintes matérielles que représente une marche dans la direction opposée, notamment au niveau du balisage, décourage souvent les originaux qui souhaiteraient remonter à contre-courant. Cependant j’étais pour ma part parti afin de réaliser un véritable thru-hike, une traversée à pied d’Orléans à Lisbonne. C’est pourquoi je souhaitais marcher le Caminho Português en sens inverse, en considérant les chemins de St Jacques de Compostelle comme des trails classiques. Au niveau de la navigation je n’ai rencontré aucune difficulté grâce à l’utilisation d’un GPS, et surtout grâce au marquage du pèlerinage de Fatima qui empreinte le même chemin que celui de Santiago, mais en sens inverse. Ainsi j’espérais rencontrer également ne serait-ce qu’une poignée d’autres pèlerins se rendant à Fatima, ou rentrant de Santiago, mais sur la totalité des 600 kilomètres parcourus je n’ai vu personne marcher vers le Sud. J’ai néanmoins rencontré plusieurs groupes de pèlerins, partis de Porto, qui se dirigeaient vers Santiago, et à quelques reprises après Porto, mais très rarement. Ainsi les marcheurs au départ de Porto constituent la majorité des pèlerins sur le Caminho Português, fait compréhensible étant donné que cette partie s’avère très agréable, et que surtout on y trouve de nombreux refuges et services adaptés. Cependant, si vous cherchez à vivre une expérience plus intime, tant pour soi-même que pour découvrir le Portugal, je ne peux que vous inciter à marcher depuis Lisbonne. Bien sûr, le peu de pèlerins que j’ai rencontré est également lié à la saison tardive pendant laquelle je me suis lancé dans cette aventure, étant donné que j’ai marché le Caminho Português en novembre, ce qui m’a valu d’affronter à plusieurs reprises la météo exécrable provenant de l’Océan Atlantique que l’itinéraire longe de loin. En plein cœur de l’été la fréquentation est probablement tout autre. Cependant je ne regrette absolument pas cette solitude et ces difficultés, qui en permettant de se confronter à soi-même contribuent à faire grandir. Dans pareil cas, lorsque l’on se retrouve face à soi-même, les décisions que l’on prend impliquent toujours sa propre responsabilité, et la peur de l’inconnu s’efface au fur et à mesure que l’on apprend à se connaître. Le moteur de notre bonheur ne se trouve plus déchargé sur les autres, mais nous renvoie à nous-mêmes et à la façon dont on réagit à notre environnement dans lequel, à force d’introspection, la pensée et le corps trouvent paisiblement leur place. De plus, tout comme ce que j’avais constaté sur la Voie de Tours, les rencontres que l’on fait sur un chemin si peu fréquenté se révèlent souvent très enrichissantes, et cela incite d’autant plus à aller vers les autres, en franchissant les obstacles liés à la langue et à la culture. Ce phénomène, allié à la richesse culturelle si dense de ce Caminho, m’a ainsi permis de me rapprocher des Portugais en apprenant à les connaître et surtout à les apprécier.

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Levé à l’aube pour traverser le fleuve Minho qui marque la frontière entre l’Espagne et le Portugal.

 

Les Portugais

Si les Portugais ressentent une telle fierté nationale, c’est avant tout qu’ils partagent le sentiment d’appartenir à une nation unie dont l’identité est entretenue, au delà même de toute considération matérielle, par des valeurs et un état d’esprit communs. Le fado, chant traditionnel accompagné de guitare, exprime souvent cet état d’esprit appelé saudade, qui se traduit à la fois sur le plan personnel par une forte mélancolie, et sur le plan populaire par une nostalgie qui appelle à la fois au voyage et au retour au pays. Je ne peux que vous encourager à aller écouter du fado, que ce soit à Coimbra où il est traditionnellement pratiqué par les hommes, ou à Lisbonne, où se trouve le Musée du Fado. Entendre le fado effectivement chanté dans une ambiance propice, permet de se sentir touché par cette mentalité typiquement portugaise. A la lumière de ce sentiment toute la culture portugaise s’ouvre à la compréhension, et comprendre une telle force mène à l’aimer. Comprendre ce peuple d’émigrants qui dès la première heure a colonisé l’Amérique, ce peuple de grands bâtisseurs qui s’épuisent à la tâche tant pour construire des cathédrales que d’humbles maisons afin d’abriter leurs familles, ce peuple de scientifiques, d’artistes et de poètes. La foi chrétienne joue également un très grand rôle dans la société, et bien que les plus jeunes générations se révèlent moins pieuses que leurs aînés, on ressent quotidiennement cette ferveur religieuse. Fatima notamment, où en 1917 la Vierge Marie est apparue à 6 reprises à de jeunes bergers, et où a été dressé un sanctuaire de première importance, constitue à la fois le centre de la dévotion au Portugal, et à la fois une fierté nationale immense qui rayonne sur l’ensemble du monde chrétien. Lorsque je me dirigeais vers Fatima il m’est arrivé à plusieurs reprise d’être interpellé dans la rue pour qu’on me demande si j’étais un pèlerin, et me congratuler chaleureusement. J’avoue n’avoir réussi à entretenir que très rarement une discussion soutenue avec des locaux, étant donné que je ne parle malheureusement pas Portugais, et que les Portugais ne parlent pas anglais, espagnol ou français, autant qu’on voudrait bien le croire et le faire croire. En particulier en dehors des circuits touristiques traditionnels il peut s’avérer très difficile de communiquer. Néanmoins la bonne humeur et la cordialité éternelle des locaux permet toujours de trouver une solution avec simplicité et ingénuité. Bien qu’ils vivent parfois dans un grand dénuement, en particulier dans les campagnes, les locaux sont toujours prêts à tendre la main au marcheur de quelque manière que ce soit. L’héritage que permet de découvrir le Caminho Português est d’une telle richesse qu’il constitue bien sûr un attrait important, mais le meilleur souvenir qu’il me reste de cette marche est le témoignage vivant du peuple portugais, qui m’a soutenu face aux difficultés, m’a apporté sa joie et sa force.

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Le sanctuaire de Fatima, centre de la foi chrétienne au Portugal, et bannière religieuse de tout un peuple.

 

 

3. Conseils pratiques

Où dormir ?

  • Tout comme sur le Camino Francés, la solution la plus répandue consiste à utiliser les services proposés par les gîtes pour pèlerins, ou albergues, qu’ils soient privés ou publiques. Les prix sont en général très abordables, entre 5 et 10 euros pour les moins chers. Cependant, bien que ce réseau soit amplement développé au nord de Porto et plus particulièrement en Espagne, au Sud il se trouve insuffisant pour dormir toutes les nuits en albergue, et les pèlerins ne possédant pas de tente se voient donc contraints de trouver d’autres solutions.
  • Etant donné l’accueil enthousiaste des locaux, il est tout à fait possible de trouver à dormir en profitant de l’hospitalité des habitants ou de l’aide des communes. Par exemple, bien que je ne l’ai pas vérifié par moi-même, il est répandu sur le Caminho que les pompiers (bombeiros) hébergent les pèlerins dans leurs locaux. D’après les témoignages que j’ai entendu il semblerait que, bien que cette tradition ne soit pas respectée de façon aussi systématique qu’auparavant, cela fonctionne souvent. Si vous ne savez pas où dormir, demandez, et l’on vous donnera.
  • Il est bien sûr possible de suppléer à ce manque d’albergues en dormant en hôtel ou en auberge de jeunesse, dont les prix sont très corrects comparés à ce que l’on connaît en France. Cependant cette solution nécessite d’arriver dans une ville suffisamment grande, en particulier pour les auberges de jeunesse. Néanmoins, je ne peux que vous inviter à tenter l’expérience dans les grandes villes, où pour une dizaine d’euros il est possible de loger en plein centre dans des auberges de jeunesse chaleureuses, bien entretenues, et pleines de charme.
  • Il est également possible de dormir en tente, option que j’ai personnellement privilégiée. Il existe de nombreux campings, dont les prix sont très abordables mais qui sont pour la plupart fermés pendant la saison hivernale. Le camping sauvage ne pose absolument aucun problème, tant qu’il est pratiqué dans le respect du voisinage, de la propriété privée, et de l’environnement. Etant donné que les services proposés aux pèlerins ne sont pas très répandus, le camping est une bonne solution, qui permet à la fois de vivre une expérience plus proche de la nature, de réaliser d’importantes économies, et d’organiser complètement ses étapes en choisissant leur longueur et le lieu où l’on dort.

 

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Dans les rues de Santarém, non loin de Lisbonne, illuminées tant par le soleil que par les murs recouverts d’azulejos.

 

Comment manger ?

Bonne nouvelle : que l’on se tourne plutôt vers les restaurants et les bars ou vers les supermarchés et les épiceries, les prix sont très nettement inférieurs à ceux pratiqués en France, bien plus encore qu’en Espagne. Etant donné que le modèle du supermarché est moins répandu qu’en France, notamment dans les campagnes, et que le choix est également moins vaste, il est préférable de ne pas chercher à conserver le même régime alimentaire que celui dont on a l’habitude chez soi. Cependant, cela ne peut être que bénéfique puisqu’on est ainsi amené à découvrir cette culture culinaire, et à se rapprocher du mode de vie portugais. Je ne peux que vous inviter à pousser la porte des petites churrasqueiras (restaurants de grillades) que l’on trouve partout sur le chemin, pour déguster un délicieux cochon de lait, des boulangeries regorgeant de pâtisseries traditionnelles, ou à goûter les vins portugais qui sont parmi les meilleurs d’Europe, sans oublier la multitude de plats à la morue. Les Portugais aiment manger et ils le font bien, donc pas d’inquiétude on trouve toujours au cours d’une journée de marche au moins un endroit où manger et se ravitailler, c’est pourquoi nul besoin de transporter plusieurs jours d’autonomie. Néanmoins si la volonté est absolument aux économies tout en souhaitant conserver des repas équilibrés, il peut être judicieux pour les campeurs de prévoir un peu d’autonomie en nourriture et d’utiliser un réchaud, étant donné que les supermarchés peuvent manquer sur le Caminho Português. Pour ma part, sans jamais cuisiner et sans transporter plus de deux repas, j’ai réussi à respecter un budget moyen d’environ 10 euros par jour pour la nourriture.

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L’architecture traditionnelle, qu’il s’agisse de manoirs ou de simples maisons, possède un charme indéniable.

 

Que mettre dans son sac ?

Se reporter à la section du même nom dans l’article Les Chemins de St Jacques de Compostelle : La Voie de Tours, et à l’article Débuter le Thru-Hiking : Marcher léger.

De manière générale, un sac de plus de 10 kilos est inadapté étant donné que cette marche ne nécessite aucun équipement particulier, qu’il n’y a nul besoin de prévoir une autonomie en nourriture, et que le camping est optionnel.

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Dans le Nord du Portugal l’itinéraire se heurte à du dénivelé et se transforme parfois en sentier de montagne.

 

Comment se repérer ?

  • Si l’on se dirige vers Santiago, le balisage est suffisant pour que l’on puisse naviguer uniquement grâce aux indications. En revanche en sens inverse, bien qu’un balisage soit présent pour servir au pèlerinage de Fatima, il n’apparaît véritablement qu’à partir de la frontière portugaise, disparaît logiquement après Fatima, et est de manière général trop pauvre pour que l’on puisse baser sa marche dessus.
  • L’utilisation de cartes me paraît inadaptée à de la marche de longue distance, en particulier des cartes classiques de randonnée au 1:25000, qui s’avèrent particulièrement encombrantes. Si vous souhaitez privilégier des cartes papier, il peut être judicieux d’imprimer l’itinéraire de chaque étape en format A4/A5.
  • En revanche je recommande fortement l’utilisation d’un GPS sur le Caminho Português, notamment si l’on se dirige vers le Sud. Léger et pratique, cette solution permet par ailleurs de prendre facilement des libertés avec l’itinéraire officiel.
  • Il existe de nombreux guides, dont le plus connu le guide Lepère, que je déconseille du fait des cartes imprécises et des conseils pratiques (adresses des refuges, numéros, etc.) qui ne sont plus à jour. Un guide GR ou Michelin par exemple constitue un meilleur choix.
  • L’utilisation d’une tablette permet à la fois de gagner en polyvalence et en poids. Pour ma part j’ai favorisé l’utilisation du GPS, en complément des balises, et une tablette sur laquelle j’avais accès à la documentation fournie par l’ACIR. Il est également possible de se procurer un guide numérique en format PDF, ou en numérisant un guide papier.
  • Le très bon site Gronze répertorie tous les chemins de St Jacques de Compostelle et permet d’organiser facilement ses étapes.

 

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Le balisage multi-directionnel.

 

Les chiens

Ce paragraphe peut sembler surprenant, mais il se trouve malheureusement justifié par la présence sur le Caminho Português de chiens qui se révèlent potentiellement dangereux pour les randonneurs. J’avais précisé dans l’article concernant le Camino Francés en Espagne que je n’avais expérimenté presque aucune mauvaise rencontre, contrairement à la Voie de Tours en France. Cependant, dès la sortie de Santiago je me suis immédiatement retrouvé à nouveau confronté à des chiens dangereux. J’en ai tiré la conclusion que le Camino Francés fait figure d’exception car du fait de son énorme fréquentation les propriétaires des chiens se voient obligés de porter plus d’attention à ce problème afin d’éviter les accidents.

Je vous invite donc à vous reporter au paragraphe du même titre dans l’article concernant la Voie de Tours, ici. Vous y trouverez des conseils pratiques.

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En descendant vers Lisbonne l’itinéraire longe le Tage à travers des étendues de champs.

 

La météo

Bien qu’il n’y ait pas d’environnement difficile tel des montagnes ou des déserts sur le Caminho Português, la météo peut se révéler très rude. En effet en été le Portugal connaît des températures très élevées, dépassant parfois les 40° C, et de longues sécheresses. Pour ces raisons, il est d’ailleurs extrêmement dangereux d’allumer un feu en pleine nature à cette saison, alors que les immenses forêts de pins peuvent s’embraser en un instant. En hiver au contraire, bien que les températures ne soient jamais très basses, la météo peut s’avérer très difficile du fait d’un climat océanique très marqué que l’on ne soupçonne pas dans ce pays. De fortes et longues pluies peuvent s’avérer très pénibles, en particulier en tant que campeur.

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Aux abords de Fatima qui se situe en altitude, les nuits peuvent être froides en hiver.

 

 

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