St Jacques de Compostelle, Trails

Marche improvisée entre Lisbonne et Mérida

 

Dans le cadre de mon projet de marche de longue distance sur les chemins du pèlerinage de St Jacques de Compostelle, j’ai effectué à pied le trajet de Lisbonne à Mérida, sans pour autant suivre aucun trail. En effet lorsque je suis arrivé à mon objectif initial de Lisbonne, étant donné que j’étais largement en avance sur mes prévisions j’ai décidé de continuer à voyager en marchant. C’est ainsi que l’idée de compléter le Camino Mozarabe, autre chemin de St Jacques de Compostelle dans le Sud de l’Espagne, m’est venue à l’esprit. Motivé par l’envie de continuer à découvrir le Portugal et à compléter un véritable thru-hike sans interruption, j’ai donc décidé de marcher également jusqu’à Mérida en Espagne, point de départ de mon Camino Mozarabe, sans savoir véritablement comment. C’est cette expérience originale que je vous expose ici. Il ne s’agit donc pas d’un trail ou d’un chemin de St Jacques de Compostelle, mais plutôt d’une improvisation de marche de longue distance. Si vous souhaitez également suivre cet itinéraire, je ne peux que vous y inviter, mais cet article a plutôt pour vocation de montrer qu’il est tout à fait possible de se lancer dans un tel projet en dehors de tout cadre défini, afin de tracer sa propre route.

Pour en apprendre plus à propos de mon périple sur les chemins de St Jacques de Compostelle, je vous invite à vous référer aux articles concernant les différents chemins que j’ai empruntés de la France à l’Espagne en passant par le Portugal, avec notamment l’article concernant le Caminho Português où vous trouverez des conseils pratiques concernant la marche dans ce pays.

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Itinéraire complet de mon thru-hike sur les chemins du pèlerinage de St Jacques de Compostelle.

 

 

I. Comment déterminer son itinéraire ?

1. Identifier des étapes

La première phase pour constituer son itinéraire en marchant d’un point A à un point B éloignés l’un de l’autre, consiste à regarder une carte et à diviser le trajet en étapes en se basant sur les villes de plus grandes importances, ou sur les points de ravitaillement. Il est tout à fait possible de se limiter à des étapes assez vagues de plusieurs jours, mais cela nécessite de transporter un moyen de couchage indépendant, et suffisamment de nourriture pour être autonome entre deux points de ravitaillement tout en ne sachant pas précisément combien de temps cela induit. Afin d’organiser plus précisément son périple, il peut être judicieux de le diviser en étapes d’une journée ou d’une demi-journée, en fonction de la distance moyenne que vous prévoyez de marcher sur ce type de terrain. Il est donc important de posséder un minimum d’expérience afin de connaître son rythme de marche, et surtout de ne pas prévoir des distances trop importantes puisque des imprévus surviennent fréquemment dans ce type de projet. Une telle prévision est inévitable lors d’une marche en nature nécessitant une autonomie en nourriture importante, puisqu’il est hors de question d’envisager un manque de nourriture en dehors de tout point de ravitaillement. Cela peut être également utile dans un environnement plus ou moins urbanisé, afin d’alléger le sac en prévoyant un minimum de nourriture et en dormant toujours en ville. Néanmoins, la manière la plus facile de voyager en marchant est de dormir en tente et de toujours transporter suffisamment de nourriture pour marcher au jour le jour sans s’imposer de contrainte de vitesse. Ainsi il est possible de marcher jusqu’au moment où on le souhaite, et de s’arrêter pour camper où on le souhaite, en adoptant pendant quelques temps une véritable vie d’itinérance.

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Pour arriver à Mérida le Camino Natural del Guadiana traverse les paysages naturels qui s’étendent sur les berges du fleuve.

 

2. Rechercher des lieux clés

Qu’il s’agisse de lieux touristiques célèbres ou de spots naturels propices au camping, à la baignade, ou avec une vue exceptionnelle, il est important de déterminer des lieux dans lesquels on a envie de se rendre, au lieu de simplement marcher le plus directement possible d’un point A à un point B. En effet, ce type d’endroits constitue véritablement l’essence de la marche, et c’est dans le souvenir et l’espoir des bons moments que l’on y a passé que l’on trouve la motivation lorsque l’itinéraire se révèle plus difficile. Tout comme lors d’un voyage en voiture ou en train, la marche permet avant tout de se rendre dans un lieu précis, bien qu’elle permette par surcroît de découvrir de manière plus intime son contexte culturel, son environnement, et de rencontrer les gens qui y vivent. Pour trouver de tels lieux il faut donc se servir des outils classiques pour préparer un voyage, c’est-à-dire demander conseil à des amis qui connaissent la région, naviguer sur internet, feuilleter un guide touristique, ou encore se rapprocher des offices de tourisme, mais en se concentrant toujours sur des zones précises. En effet, bien qu’il ne faille pas hésiter à prévoir des détours pour visiter et découvrir le pays, il faut garder en mémoire les objectifs définis par les étapes, que l’on peut bien sûr modifier en fonction, mais qui constituent néanmoins le fil conducteur de la marche. Par ailleurs en se rapprochant de lieux touristiques, notamment naturels, on va souvent à la rencontre de chemins prévus pour la marche, qui facilitent d’autant le voyage.

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Bien que situé relativement loin de mon itinéraire direct, Monsaraz et son château méritent amplement un tel détour.

 

3. Utiliser les chemins de randonnée locaux

Le troisième conseil que je vous donne afin d’improviser une marche de longue distance est donc d’utiliser au maximum des itinéraires de randonnée préexistants de courte ou de moyenne distance. Bien sûr, s’il existe déjà un itinéraire de longue distance qu’il est possible d’emprunter intégralement ou en partie pour arriver à l’objectif final, il ne faut pas hésiter à l’utiliser. En dehors de l’avantage évident de suivre un parcours adapté à la marche, les chemins officiels mènent souvent les randonneurs à la découverte des plus beaux endroits des régions traversées, que l’on ne peut pas toujours trouver par soi-même. Lors de la préparation d’un voyage à pied, le but est donc de trouver le maximum de chemins locaux et de chercher à les connecter, en adaptant les étapes si besoin. Cependant il n’est pas toujours facile de trouver de tels chemins depuis chez soi, étant donné qu’il peut s’agir de petits chemins peu fréquentés. Sur internet, il est primordial d’effectuer ses recherches dans la langue locale, puisque de tels chemins ne sont souvent pas répertoriés pour des usagers internationaux. Le moyen le plus efficace de se renseigner consiste en fait à demander dans les offices de tourisme, en les appelant au préalable, ou en demandant directement sur place lorsque l’on arrive dans une ville. Il est alors encore temps de modifier légèrement son itinéraire pour s’adapter aux chemins de randonnée locaux, avec l’aide des informations et de la documentation fournie dans les offices de tourisme. Néanmoins, il incombe au marcheur de rester vigilant et de se renseigner le plus possible, car il peut arriver que les employés ne soient absolument pas renseignés à ce propos. Ainsi lorsque je suis arrivé à Reguengoz de Monsaraz peu après Evora, fidèle à mon habitude je me suis rendu directement dans l’office de tourisme de la petite ville afin de me renseigner à propos des itinéraires de marche dans la région. On m’y a répondu qu’il n’y en avait pas. Je me voyais donc forcé de marcher par la route jusqu’à Monsaraz à 15 kilomètres de là. Une fois arrivé, je me rends dans l’office de tourisme pour poser la même question, et l’on me donne la même réponse négative. A tout hasard je prends malgré tout une carte, sur laquelle je découvre très clairement indiqué un itinéraire de randonnée joignant les deux villes, mais que personne n’avait été capable de m’indiquer, alors que je venais de marcher sur la route pendant trois heures.

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Peu après Monsaraz un chemin local de petite randonnée m’a permis de me plonger dans la nature alentour, et de faire la rencontre de quatre chevaux sauvages.

 

4. Tisser son chemin en marchant

Une fois que l’on connaît de manière assez précise les étapes du voyage, les lieux où l’on souhaite passer, et l’existence potentielle de chemins de randonnée, il ne reste plus qu’à marcher. En effet ce n’est qu’en avançant que l’itinéraire prend forme et que l’on découvre progressivement les endroits traversés, c’est pourquoi il est tout à fait inutile de chercher à définir précisément son itinéraire a priori. Sur le terrain il ne faut pas hésiter à essayer, à demander, et surtout il faut faire preuve de patience car il est fréquent de se perdre et de devoir faire demi-tour. Mais tout l’intérêt se trouve justement dans cette exploration autonome qui prend parfois des airs de chasse au trésor ! D’un point de vue pratique, l’utilisation d’un GPS constitue la manière la plus simple de se repérer et de trouver son chemin. Il suffit pour cela de faire preuve d’un peu de logique en empruntant systématiquement les voies les plus petites qui se dirigent dans la bonne direction, ou qui se connectent à d’autres chemins permettant d’avancer le plus directement possible. Les sentiers et les routes non goudronnées, voire les petites routes de campagne, constituent les voies les plus adaptées à la marche et qu’il faut emprunter en priorité. Il est tout à fait possible d’emprunter des routes de plus grande importance de manière exceptionnelle, tant que la marche peut s’effectuer en sécurité, sur une bande d’arrêt d’urgence suffisamment large ou sur une piste cyclable par exemple. Cependant je ne peux que conseiller d’éviter au maximum ce type de passages qui ne présente souvent aucun intérêt. Un GPS remplit parfaitement les fonctions nécessaires à cette navigation, mais d’autres outils, comme une carte papier ou un logiciel de cartes interactives comme Google Maps, peuvent également les remplir. Quel que soit le support choisi, il est néanmoins indispensable de savoir l’utiliser de façon précise. Pour ma part je fonctionnais donc avec un GPS, et en complément une tablette sur laquelle j’avais accès à Google Maps et à des documents téléchargés depuis internet, concernant notamment des chemins de randonnée tracés.

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Les marches sur route, sur le papier peu engageantes, s’avèrent parfois agréables grâce à des conditions favorables.

 

II. Etape par étape

Tout d’abord je souhaiterais préciser que l’itinéraire affiché sur les cartes Google ne constitue qu’un support approximatif permettant de visualiser le trajet. Etant donné que je n’ai pas enregistré mon trajet par GPS, j’ai élaboré ces cartes en me basant sur les villes et les villages que j’ai traversés et sur l’itinéraire proposé par Google Maps, en le modifiant de mémoire si besoin. Quoiqu’il en soit, le principe même d’improvisation signifie qu’il n’existe pas de route préalablement tracée, et que c’est en marchant soi-même que le voyage prend forme petit à petit.

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La marche comme moyen de voyager permet de découvrir le pays à travers chaque lieu et chaque instant, et réserve souvent d’admirables surprises, y compris sous la pluie.

 

1. Lisbonne – Evora

 

J’ai effectué mon départ de Lisbonne en ferry (et oui, je reconnais que j’ai triché !) étant donné qu’aucun des deux ponts qui relient les deux rives du Tage au niveau de la capitale ne sont adaptés aux piétons. De Montijo où j’ai débarqué, je me suis dirigé vers Pinhal Novo à quelques kilomètres au Sud en empruntant de petites routes tranquilles à travers une campagne très urbanisée et très pauvre. A cette époque des bergers guidaient leur troupeau librement à travers la campagne pour effectuer une transhumance quelque peu différente de celle que nous connaissons en France, en cela qu’il ne s’agit pas de déplacer les troupeaux entre la montagne et les plaines, mais de les déplacer afin de leur trouver des lieux de pâturage, souvent à la demande de propriétaires qui y trouvent également leur avantage. De là je me suis dirigé plein Est sur de longs chemins rectilignes suivant plus ou moins l’itinéraire du chemin de fer. Peu avant Vendas Novas je marchais sereinement sur de petits chemins traversant une très belle forêt de chênes à liège, quand je me suis heurté à d’immenses clôtures délimitant une propriété privée dévolue à la chasse touristique, alors que rien ne m’indiquait cette frontière brutale sur mon GPS. Je me suis donc vu contraint de rejoindre la route nationale et de l’emprunter jusqu’à Vendas Novas, et de continuer à la suivre directement ou en empruntant de petites routes parallèles jusqu’à Montemor-o-Novo. Voici donc un bon exemple des aléas que l’on peut rencontrer au cours d’une telle aventure. Néanmoins le plus important consiste à toujours conserver sa bonne humeur et son calme, car le voyage réserve tôt ou tard de belles découvertes qui redonnent le moral. Je n’attendais pas grand chose de cette étape, excepté d’Evora, et je n’avais d’ailleurs pas repéré de lieux intéressants à voir, cependant en arrivant à Montemor-o-Novo j’ai eu la bonne surprise de découvrir une petite ville pittoresque chargée d’histoire. La marche m’a ensuite mené à travers un paysage bucolique de champs et de forêts jusqu’au lac artificiel formé par la construction d’un barrage sur le Rio Almansor, et de là j’ai rallié Evora. Surnommée la « Ville Musée », elle est la quatrième ville la plus importante au Portugal d’un point de vue culturel, et cela malgré sa petite taille. En effet on en a vite fait le tour, mais les monuments qu’elle abrite, tels que le temple romain et l’aqueduc, sont si rares et si beaux que l’on ne peut que s’en émerveiller. Mais surtout, ce qui fait le charme de cette petite ville se trouve dans l’ambiance même de ses ruelles pleines de soleil, et de ses maisons colorées typiques de cette région du Portugal, l’Alentejo. C’est pourquoi, bien qu’une après-midi suffise amplement à visiter Evora, il est possible d’y passer bien plus de temps sans que pourtant son charme ne s’amenuise en rien.

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Bien plus que tous les monuments admirables qu’elle abrite, le charme d’Evora se trouve dans son ambiance typique de l’Alentejo, marquée par ses ruelles de petites maisons bordées de couleur.

 

2. Evora – Elvas

 

A l’inverse, à l’Est d’Evora j’avais repéré de très nombreux sites que je souhaitais voir, notamment pour leur intérêt historique, et qui ont fortement participé au dessin de mon itinéraire jusqu’à la frontière espagnole à Elvas. La partie de l’Alentejo qui se situe le long de la frontière abonde en effet de vestiges médiévaux et de châteaux perchés au sommet de collines qui dominent un paysage hiératique recouvert de vignes, de forêts de chênes et d’oliviers, et de prairies dans lesquelles paissent des troupeaux de bovins et d’ovins. Selon de nombreux avis, le mien compris, il s’agit de l’une des régions les plus agréables à visiter au Portugal car elle est à la fois constituée de paysages de nature paisiblement enchanteurs, et à la fois de petits villages au charme insolite dont chaque château perché au sommet de son pinacle accidenté révèle un nouveau trésor. A la sortie d’Evora je me suis dirigé vers Reguengos de Monsaraz sur des petites routes de campagne tranquilles qui m’ont permis de découvrir cette arrière-pays si plaisant. La ville en elle-même ne dégage pas un attrait exceptionnel mais tire néanmoins une célébrité certaine de ses vins, puisque en 2015 elle a été élue capitale européenne du vin. Cependant c’est à partir du Castelo de Monsaraz à quelques kilomètres de là que commence véritablement une série de découvertes uniques. Depuis ce château le pays tout entier s’ouvre à la vue, avec s’étendant à ses pieds l’immense lac d’Alqueva, et de l’autre côté l’Espagne qui paraît déjà toute proche. Mais l’heure de traverser cette frontière n’était pas encore venue pour moi, et je me suis contenté de la longer vers le Nord en passant par Terena, petit village pittoresque qui en plus d’un château possède en dehors de ses murs un sanctuaire surprenant dédié à Notre Dame de Boa Nova où chaque année se déroule un pèlerinage à cheval, par Alandroal qui abrite également un château exceptionnellement bien conservé, et par Vila Viçosa, la « Princesse de l’Alentejo », recouverte du marbre de ses célèbres carrières, et dans laquelle de nombreux monuments tels que le château fort, le palais ducal, ou encore l’église de de Notre Dame de la Conception rivalisent de faste et de magnificence. Il ne s’agit pourtant pas encore du paroxysme de beauté de cette région, qui se situe 30 kilomètres plus loin à Elvas, à laquelle on accède après une marche qui bien que sur route se révèle très agréable à travers des paysages vallonnés d’oliviers. Tout comme Evora, Elvas dégage dans son ensemble une ambiance très particulière qui tient autant de son architecture que de son caractère insouciant, et qui tout comme Evora lui a valu d’être classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Effectivement cette petite ville fortifiée abrite de véritables joyaux, comme ses remparts, son aqueduc, ou ses quartiers historiques juifs et musulmans. Mais l’oeuvre la plus remarquable se situe à l’extérieur, au sommet d’une colline qui domine la ville, où se trouve le Fort Notre Dame de Grâce construit au XVIIIème siècle en tant que clé de voûte de l’organisation défensive de la frontière espagnole toute proche. Il s’agit d’un prodige de l’architecture militaire qui subjuguera autant les adeptes d’histoire que les simples curieux. Mais déjà, et sans aucune motivation belliqueuse, je me tournais alors vers l’Espagne et les promesses qu’elle étalait sous mes yeux.

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La maison du gouverneur du sommet du Fort Notre Dame de Grâce à Elvas surplombe toute la région jusqu’à l’Espagne.

 

3. Elvas – Mérida

Pour atteindre la frontière depuis Elvas il suffit d’emprunter la voie de service de l’autoroute qui mène directement à Badajoz, juste de l’autre côté. En effet il existe souvent de petites routes qui longent les autoroutes ou les voies de chemins de fer, et qui permettent de se déplacer rapidement et en sécurité à pied. Badajoz constitue la ville la plus importante de la province espagnole de l’Extremadura, et il s’agit de la plus grande ville que j’avais croisé sur mon chemin depuis Lisbonne, sans qu’elle en possède pour autant le charme. J’avoue ne m’y être pas beaucoup attardé car malgré quelques monuments historiques intéressants comme sa cathédrale et son impressionnante forteresse datant de l’époque maure, autrement nommé alcazaba, on ne ressent pas dans cette ville l’ambiance chaleureuse que je venais de quitter à Elvas. De Badajoz à Mérida ma marche se trouva idéalement facilitée par la découverte d’un chemin de grande randonnée, le GR 114 ou Camino Natural del Guadiana, qui suit le fleuve Guadiana sur plusieurs centaines de kilomètres à travers l’Espagne. Etant donné que le fleuve Guadiana passe précisément par Mérida et par Badajoz, ma voie se trouvait donc toute tracée. Bien que conçu principalement pour les vélos, la marche s’y est révélée très agréable, à travers les paysages des berges du fleuve et des champs l’entourant. Je suis donc arrivé à Mérida dans les meilleures conditions possibles, prêt à me lancer sur le Camino Mozarabe, mais avant cela à découvrir cette ville également inscrite sur la liste du patrimoine mondial. S’il est vrai qu’Evora est une « ville-musée », Mérida l’est plus encore grâce à la richesse de ses vestiges romains éparpillés partout dans la ville, qui lui confèrent un air de fouille archéologique immense. Mérida est à proprement parlé étonnante, et elle mérite parfaitement qu’on prenne le temps de la visiter, pour découvrir notamment son théâtre et son amphithéâtre romain, ainsi que son alcazaba maure. Par ailleurs je suis précisément arrivé à Mérida le jour du Jubilé, pendant lequel toute la ville en fête célèbre sa patronne Sainte Eulalia. Bien que ce hasard ne m’ait pas facilité les démarches pour me loger, c’est donc le cœur rempli de la joie de ces festivités, et la tête remplie des souvenirs de cette belle journée que je suis reparti sur les chemins du Camino Mozarabe

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L’exceptionnel théâtre de Mérida, piédestal majestueux sur lequel repose l’histoire cette ville.

 

 

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