St Jacques de Compostelle, Trails

Les Chemins de St Jacques de Compostelle

IV

Le Camino Mozarabe

Le Camino Mozarabe constitue la dernière étape de mon voyage de 3000 kilomètres sur les chemins de St Jacques de Compostelle. Il s’agit de l’un des nombreux chemins annexes qui forment l’immense réseau des chemins de St Jacques de Compostelle. Il s’étend en Andalousie sur 400 kilomètres de Grenade à Mérida où il rejoint la Via de la Plata qui continue vers Santiago, et à laquelle il est souvent assimilé. Bien que l’on considère généralement son extrémité Sud à Grenade, il existe des branches du Camino Mozarabe et de la Via de la Plata qui s’étendent un peu partout en Andalousie vers les grandes villes, comme Jaen, Almeria et Malaga pour le Camino Mozarabe. Ce réseau se prête donc particulièrement à une personnalisation du voyage à pied, en passant librement par les lieux que l’on souhaite. Pour ma part j’ai complété ce chemin de Mérida à Grenade, en sens inverse donc, car j’avais rejoint l’Espagne en marchant depuis Lisbonne. Etant donné qu’en décembre je n’ai croisé que très peu d’autres pèlerins, cette aventure s’est avérée une nouvelle fois solitaire, mais je ne le regrette absolument pas car ce chemin m’a avant tout permis de découvrir ces régions d’Espagne dans toute leur splendeur sauvage. Je garde peut-être de ce chemin un souvenir particulier car il signifiait la fin de mon voyage de trois mois, néanmoins je le considère de façon objective comme le meilleur des itinéraires du Camino de Santiago que j’ai suivis, tant pour sa qualité que pour l’environnement qu’il traverse. En effet, non seulement le parcours confère une place importante à cette nature exceptionnelle, mais il va également à la rencontre de la culture et de l’histoire andalouses dont regorgent ses deux joyaux Cordoue et Grenade. C’est donc avec un plaisir particulier que je souhaite vous faire découvrir l’expérience que j’ai vécue sur cet itinéraire de marche.

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Itinéraire du Camino Mozarabe avec ses chemins alternatifs.

1. Des lieux

Des paysages atypiques

La majorité du Camino Mozarabe se situe en Andalousie, mais une grande partie se trouve également en Estrémadure, région de l’Ouest de l’Espagne. Ces deux régions sont assez similaires, notamment en ce qui concerne le climat, très sec et très chaud. En été la marche sur le Camino Mozarabe ou la Via de la Plata peut s’avérer extrêmement rude du fait des températures élevées avoisinant les 40° C. Il vaut donc mieux privilégier la mi-saison pour s’y rendre, ou même l’hiver. Ainsi lorsque j’y ai marché en décembre les températures stagnaient entre 10° et 15° C, avec peu de précipitations. Les paysages que ce chemin traversent sont donc logiquement constitués d’une faune et d’une flore adaptée à ce milieu aride, dans un savant mélange entre nature sauvage et exploitations humaines. La culture de l’olive tient notamment une place essentielle dans ces régions, mais bien loin de supplanter l’environnement naturel, ces plantations sont façonnées en harmonie avec les paysages, et exploitées de manière douce, bien souvent à la main. La grande force de ce chemin de Compostelle se trouve dans son unité, car au contraire du Camino Francés ou du Caminho Português sur lesquels le marcheur est amené à découvrir de nombreux endroits très différents et plus ou moins intéressants, le Camino Mozarabe reste cohérent tout du long, notamment en réussissant à proposer une grande majorité de passages naturels et une faible portion de marche sur route. En Estrémadure on ne rencontre que très peu de dénivelé, raison pour laquelle la marche peut sembler plus monotone, sans pour autant que cela enlève au charme de ces campagnes au caractère méditerranéen dans lesquelles l’immensité des plantations d’oliviers se ponctuent de la présence de petits villages accueillants, malgré la pauvreté évidente de leurs habitants. En Andalousie ce paysage reste similaire dans sa composition, tout en se révélant bien plus vallonné. Le relief va croissant jusqu’à Cordoue, puis redevient plat, pour gagner progressivement en altitude jusqu’à Grenade qui se situe au pied de la plus haute chaîne de montagnes d’Espagne, la Sierra Nevada qui culmine à 3 479 mètres sous les neiges éternelles du majestueux Mulhacén. Les paysages andalous que le Camino traverse restent gravés à jamais dans la mémoire du voyageur pour leur beauté à la fois très simple et très bucolique. Le chemin serpente entre vallées et montagnes, à travers des forêts d’oliviers contre lesquels des hommes et des femmes semblent se battre à coups de bâtons, et de forêts abondantes au milieu desquelles s’ouvrent soudain une clairière, qui faisant office de pré laisse entrevoir un troupeau de moutons. Lorsque la vue s’ouvre aux collines alentour recouvertes du motif rond des oliviers, on croirait voir l’ornement régulier d’une broderie naturelle, qui s’étend pour disparaître à son tour, sans que l’on sache vraiment comment, et laisser place à des plaines dénudées ou paissent paisiblement les vaches andalouses. A travers ces paysages la marche gagne ainsi en intensité au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans le pays andalou, tout en déployant sous les yeux du marcheur cette culture si particulière, marquée d’histoire et de traditions, et dont Cordoue et Grenade portent fièrement l’étendard. C’est pourquoi, si le but n’est pas de se rendre à Santiago, je conseillerais de marcher à mon exemple le Camino Mozarabe vers le Sud, afin de conserver cette dynamique croissante jusqu’à l’aboutissement ultime de Grenade.

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Au milieu des montagnes d’Andalousie recouvertes d’oliviers la présence humaine peut se faire très rare.

Trois villes emblématiques

L’itinéraire que j’ai suivi sur le Camino Mozarabe est marqué par trois grandes villes qui constituent les points-clés de ce chemin : Mérida, Cordoue, et Grenade, toutes trois inscrites sur la liste de patrimoine mondial de l’Unesco. Chacune possède ses propres spécificités du fait d’histoires particulières qui se rejoignent néanmoins dans une culture et des traditions communes. Cependant la différence entre Mérida et Cordoue / Grenade s’avère bien plus marquée que celle qu’il existe entre ces deux dernières. J’ai déjà présenté Mérida dans l’article concernant le voyage à pied que j’ai effectué pour la rejoindre depuis Lisbonne, afin d’y débuter le Camino Mozarabe. En quelques mots Mérida est une petite ville à la fois vivante et traditionnelle, qui présente de nombreux vestiges de l’époque romaine constituant un héritage unique par sa conservation exceptionnelle et sa richesse. Bien que la culture du Sud de l’Espagne soit déjà très présente à Mérida, c’est à Cordoue et à Grenade qu’elle se ressent le plus, étant donné que ces deux villes constituent avec Séville le trio historique et culturel de l’Andalousie où l’on peut découvrir les témoignages vivants de cette culture, comme la tauromachie et le flamenco, ainsi que les vestiges poignants d’une histoire marquée par la domination musulmane qui dura du VIIIème siècle au XVème siècle lorsqu’en 1492 Grenade fut reprise par Isabelle la Catholique, marquant ainsi la fin de la Reconquista. A Cordoue le monument le plus représentatif de cette histoire est l’incroyable Mezquita, aujourd’hui cathédrale, mais qui étant passée successivement par les stades de temple romain, d’église et surtout de grande mosquée, conserve en partie l’apparence intérieure et extérieure qui font d’elle l’une des œuvres majeures de l’architecture islamique. Sous la domination Maure Cordoue était la capitale du Califat et de ce fait le centre d’une véritable Renaissance culturelle et philosophique, dont les traces éclatantes sont toujours visibles éparpillées dans le centre historique de la ville qui, à travers musées, expositions et spectacles continue à faire vivre ces trésors dont elle a hérité. Le dédale de ruelles pittoresques confèrent au quartier entourant la Mezquita l’atmosphère d’un autre temps. On retrouve également cette impression à Grenade dans le quartier de l’Albaicin, dont les escaliers remplis d’échoppes colorées aux airs de bazar oriental mènent à plusieurs points de vue sur la somptueuse Alhambra, qui se dresse au sommet de la ville, et sur la Sierra Nevada dont les pentes enneigées constituent la toile de fond permanente de cette ville extraordinaire. En effet, de manière similaire à Cordoue qui possède un vestige exceptionnel de son passé musulman avec la Mezquita, Grenade possède l’Alhambra, un ensemble spectaculaire de palais et de fortifications qui témoigne du faste et de la richesse de la dynastie des Nasrides, et qui aujourd’hui constitue le monument le plus visité d’Espagne. Si vous passez à Grenade il est primordial de visiter cet endroit, qui a dévoilé à mes yeux de voyageur certaines des plus belles œuvres architecturales que je n’ai jamais vu. Ce n’est qu’à la lumière de la sobriété saisissante de la Grande Mosquée de Cordoue, et de l’opulence merveilleuse de l’Alhambra, que l’on peut véritablement saisir la quintessence de cette culture musulmane qui a marqué l’histoire de l’Andalousie jusqu’à nos jours.

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L’Alhambra trône au sommet de Grenade, encadrée par les décors de la Sierra Nevada.

2. La vie en Andalousie

La culture andalouse

En Andalousie la culture espagnole se trouve exacerbée au point de presque dépasser des clichés. En effet certains aspects de cette culture sont véritablement ancrés dans la vie des Andalous, à l’image de la tauromachie, pour commencer par le plus controversé, qui tient une place bien plus importante que ce qu’en France nous ne pourrions imaginer. Il ne s’agit ni plus ni moins du sport national de la région, au même titre que le football. Cette pratique provoque un engouement si important qu’elle entretient une source économique réelle, et que surtout les corridas qui prennent place dans les arènes, dont la plus importante se situe à Séville, sont l’occasion d’un rassemblement de grande envergure qui nourrit la vie citoyenne. Les toreros possèdent leurs groupes d’aficionados avec produits dérivés et tout ce qui se rapporte au supporterisme sportif, et peuvent même rentrer dans l’Histoire s’ils passent les portes du musée taurin de Cordoue consacré à cette pratique. Il s’agit probablement de l’aspect le plus brutal de cette culture qui s’exprime également par d’autres traditions comme le flamenco, que l’on peut notamment admirer et écouter à Grenade. C’est dans les grottes du quartier Sacromonte, un quartier troglodyte très pauvre mais animé et original, qu’est née la Zambra gitane. Il s’agit un courant de flamenco que la proximité entre artistes et spectateurs rend très impressionnant, et qui est aujourd’hui pratiqué dans de nombreux établissements dispersés dans toute la ville. Ainsi la vie nocturne tient une place importante dans les villes, la meilleure façon de découvrir cette ambiance particulière étant de vagabonder dans les quartiers animés, et de s’arrêter pour déguster des tapas et un verre de vin. La gastronomie locale se trouve particulièrement enrichie de cette tradition des tapas, qui correspondent à un apéritif faisant parfois office de repas, à tel point que lorsque l’on commande un verre d’alcool il est fréquent de se le voir servi avec un accompagnement. Néanmoins, cette animation culturelle ne se rattache pas seulement à ces aspects prosaïques, artistiques ou sportifs, mais bien plus encore à la religion chrétienne qui tient ici une place primordiale. En effet la majorité de la population pratique sa foi avec ferveur, et les événements religieux rythment la vie quotidienne des Espagnols à travers les étapes personnelles de catéchisme, mais surtout à travers les fêtes nationales et locales qui sont souvent l’occasion d’organiser une cérémonie solennelle, et d’étendre cette célébration à toute la vie civile. Ainsi lorsque l’on célèbre certains saints ou certains épisodes de l’Evangile il est fréquent d’organiser des processions théâtrales dont les membres traversent la ville en portant bannières et statues sacrées, à tel point que lors de la Semaine Sainte les événements religieux sont parfois représentés sous forme de reconstitution historique. J’ai moi-même été pris dans les festivités consacrées à la patronne de Mérida, Ste Eulalia, et j’ai alors constaté que cet engouement, bien de loin de se limiter à la piété religieuse, atteignait toute la ville qui en cette journée fériée avait organisé de grandes fiestas, où la tradition et l’excitation des foules se rejoignaient pour créer cette exaltation générale.

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La procession fastueuse en l’honneur de Ste Eulalia, patronne de Mérida.

Des rencontres 

Il est vrai que le fait de ne rencontrer aucun autre marcheur, ou presque, se révèle parfois difficile puisque l’on se trouve par conséquent isolé dans un état vulnérable, et dont la différence avec celui de la population locale représente une véritable barrière, d’autant plus importante que l’on ne connaît peut-être pas les clés culturelles qui faciliteraient le contact. Néanmoins, cet effet s’avère également positif puisqu’il force le marcheur à chercher à débloquer cette situation d’isolement en se tournant vers les locaux, et ainsi à apprendre d’eux. L’apprentissage de l’espagnol constitue bien sûr un élément capital pour initier cette démarche, mais même sans parler la langue étrangère il est toujours possible de communiquer, ne serait-ce qu’en commençant par un sourire. Les Espagnols, sous leur apparence parfois abrupte, dissimulent des cœurs d’or, et vous gagnerez toujours à faire l’effort de vous rapprocher d’eux pour apprendre à les connaître, dans leur culture et leur vie quotidienne. Voici les exemples de deux rencontres particulièrement touchantes que j’ai vécu sur le Camino Mozarabe, et qui m’ont fait grandir dans mes qualités d’être humain. La première expérience ne concerne pas une rencontre particulière, mais plutôt celle de tout un groupe de personnes dont la bonté et l’ouverture d’esprit m’ont particulièrement frappé. Je suis arrivé à Don Benito, petite ville proche de Mérida, très tard dans la soirée après huit jours passés sans prendre de repos. Je comptais donc absolument passer la nuit dans une auberge de pèlerins, et après quelques recherches je finis par effectivement en trouver une, mais on me signale qu’elle fait également office de refuge pour les « pauvres ». Malgré ma réticence à dormir dans ce que j’imagine être un centre d’accueil pour SDF, je m’y rends et je découvre à ma grande surprise un lieu propre, bien organisé, et à l’ambiance presque familiale. Par-dessus tout les autres hôtes font immédiatement preuve d’une grande bonté envers moi en me considérant comme l’un des leurs, en me faisant participer à leurs discussions, et en s’intéressant à moi. Quel bonheur de découvrir chez ces gens simples et démunis une telle bienveillance ! Le deuxième exemple concerne également un cas d’altruisme qui m’a beaucoup touché, en particulier car il provenait d’un homme au mode de vie très simple lui aussi, un berger. Alors qu’un soir je cherchais un endroit où camper en marge d’une petite ville, je décidai de planter ma tente sur le bord d’une rivière, non loin d’un pont sous lequel j’avais aperçu un enclos, sans pour autant m’en alarmer. Mais bientôt un berger s’approche avec son troupeau, le fait rentrer dans le dit enclos, et après un instant d’hésitation je le vois de loin se diriger vers moi. Malgré ma difficulté à comprendre son accent très prononcé, il finit par me faire comprendre que je ne peux pas rester ici car les chiens qu’il laisse avec les moutons pendant la nuit se révéleraient agressifs envers moi. Je range donc ma tente et tout le matériel que je venais d’installer, et il m’accompagne pour me montrer un autre endroit où je peux dormir, avant de s’en aller. Alors qu’après avoir mangé je m’apprête à m’endormir, emmitouflé dans mon duvet, j’aperçois soudain les phares d’une voiture pointer vers mon campement, et j’entends résonner des coups de klaxons, sans me douter un seul instant que ce berger avait fait l’aller-retour en voiture pour me rapporter de chez lui un grand café chaud et des chocolats.

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Les meilleurs rencontres ne sont pas toujours celles que l’on croit…

3. Conseils pratiques 

Où dormir ?

  • Tout comme sur la plupart des chemins de St Jacques de compostelle en Espagne, la solution la plus répandue consiste à utiliser les services proposés par les gîtes pour pèlerins, ou albergues, qu’ils soient privés ou publiques. Les prix sont en général très abordables, entre 5 et 10 euros pour les moins chers. Cependant ce réseau est bien moins développé que sur des chemins importants comme le Camino Francés ou la Via de la Plata.
  • Etant donné l’accueil enthousiaste des locaux, il est tout à fait possible de trouver à dormir en profitant de l’hospitalité des habitants ou de l’aide des communes.
  • Il est bien sûr possible de suppléer à ce manque d’albergues en dormant en hôtel ou en auberge de jeunesse, dont les prix sont très corrects comparés à ce que l’on connaît en France. Cependant cette solution nécessite d’arriver dans une ville suffisamment grande, en particulier pour les auberges de jeunesse. Néanmoins, je ne peux que vous inviter à tenter l’expérience dans les grandes villes, où pour une dizaine d’euros il est possible de loger en plein centre dans des auberges de jeunesse chaleureuses, bien entretenues, et pleines de charme.
  • Il est également possible de dormir en tente, option que j’ai personnellement privilégiée. Il existe de nombreux campings, dont les prix sont très abordables mais qui sont pour la plupart fermés pendant la saison hivernale. Le camping sauvage ne pose absolument aucun problème, tant qu’il est pratiqué dans le respect du voisinage, de la propriété privée, et de l’environnement. Par ailleurs cette solution permet à la fois de vivre une expérience plus proche de la nature, de réaliser d’importantes économies, et d’organiser complètement ses étapes en choisissant leur longueur et le lieu où l’on dort.
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Ce type de campagne offre toujours des possibilités pour camper… en l’absence de taureau bien sûr !

Comment manger ?

La meilleure solution, tant d’un point de vue culinaire que d’un point de vue financier, consiste à adopter les habitudes des Espagnols. En effet cela permet tout d’abord de découvrir cette culture culinaire composée d’une richesse insoupçonnée de plats et de produits typiques, qui nous est plus étrangère que ce que nous pourrions imaginer en tant que Français. Ensuite, car c’est de cette manière qu’il est possible d’effectuer d’importantes économies, bien que de manière générale les prix dans le Sud de l’Espagne soient très bas. Etant donné que le modèle du supermarché est moins répandu en Espagne qu’en France, notamment dans les campagnes, et que le choix est également moins vaste, il est préférable de ne pas chercher à conserver le même régime alimentaire que celui dont on a l’habitude chez soi. Pour se faire, il faut quitter les rayons et les emballages immaculés, et pénétrer dans un petit bar à l’écart des grandes voies de passage pour commander des tapas, des platos combinados (assiettes composées) des tortillas (omelette espagnole aux pommes de terre) ou bien sûr un bocadillo (sandwich) dont la quantité surprend souvent pour le prix dérisoire. Fuyez absolument les menus pour pèlerins, les assiettes de paëlla servies pour des prix astronomiques, et en général tout ce qui est affiché sur de grands panneaux publicitaires… Il s’agit ni plus ni moins d’attrapes-touristes. Pour les campeurs, si la volonté est absolument aux économies tout en souhaitant conserver des repas équilibrés, il peut être judicieux de prévoir un peu d’autonomie en nourriture et d’utiliser un réchaud. Pour ma part, sans jamais cuisiner et sans transporter plus de deux repas, j’ai réussi à respecter un budget moyen d’environ 10 euros par jour pour la nourriture.

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De nombreux châteaux, parfois très peu indiqués, se dissimulent dans les paysages naturels et dans les villages.

Que mettre dans son sac ?

Se reporter à la section du même nom dans l’article Les Chemins de St Jacques de Compostelle : La Voie de Tours, et à l’article Débuter le Thru-Hiking : Marcher léger.

De manière générale, un sac de plus de 10 kilos est inadapté étant donné que cette marche ne nécessite aucun équipement particulier, qu’il n’y a nul besoin de prévoir une autonomie en nourriture, et que le camping est optionnel.

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Bien que de manière générale la marche s’avère très facile, certains passages s’apparentent à de petits sentiers naturels.

Comment se repérer ?

  • Si l’on se dirige vers Santiago, le balisage est suffisant pour que l’on puisse naviguer uniquement grâce aux indications. En revanche en sens inverse il se révèle trop pauvre pour que l’on puisse fonder sa marche dessus.
  • L’utilisation de cartes me paraît inadaptée à de la marche de longue distance, en particulier des cartes classiques de randonnée au 1:25000, qui s’avèrent particulièrement encombrantes. Si vous souhaitez privilégier des cartes papier, il peut être judicieux d’imprimer l’itinéraire de chaque étape en format A4/A5.
  • En revanche je recommande fortement l’utilisation d’un GPS, notamment si l’on se dirige vers le Sud. Léger et pratique, cette solution permet par ailleurs de prendre facilement des libertés avec l’itinéraire officiel.
  • Il existe de nombreux guides, comme des guides locaux, ou des guides GR et Michelin qui constituent une valeur sûre. Il est à noter que dans les guides des chemins de Compostelle le Camino Mozarabe est souvent associé à la Via de la Plata.
  • L’utilisation d’une tablette permet à la fois de gagner en polyvalence et en poids. Pour ma part j’ai favorisé l’utilisation du GPS, en complément des balises, et une tablette sur laquelle j’avais accès à la documentation fournie par l’ACIR. Il est également possible de se procurer un guide numérique en format PDF, ou en numérisant un guide papier.
  • Le très bon site Gronze répertorie tous les chemins de St Jacques de Compostelle et permet d’organiser facilement ses étapes.
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La vue classique, mais non moins saisissante, sur la Mezquita de Cordoue depuis l’autre côté du pont romain.

Les chiens

Ce paragraphe peut sembler surprenant, mais il se trouve malheureusement justifié par la présence sur le Camino Mozarabe de chiens qui se révèlent potentiellement dangereux pour les randonneurs, notamment de très nombreux Patous utilisés par les fermiers et par les bergers pour défendre leurs troupeaux. J’avais précisé dans l’article concernant le Camino Francés en Espagne que je n’avais expérimenté presque aucune mauvaise rencontre, contrairement à la Voie de Tours en France et au Caminho Português au Portugal. Par conséquent j’en ai tiré la conclusion que le Camino Francés fait figure d’exception car du fait de son énorme fréquentation les propriétaires des chiens se voient obligés de porter plus d’attention à ce problème afin d’éviter les accidents.

Je vous invite donc à vous reporter au paragraphe du même titre dans l’article concernant la Voie de Tours, ici. Vous y trouverez des conseils pratiques.

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Détail de l’intérieur des Palais Nasrides dans l’Alhambra à Grenade, à l’image de la délicatesse générale de cette oeuvre architecturale exceptionnelle.

 

 

 

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5 réflexions au sujet de “Les Chemins de St Jacques de Compostelle”

  1. bonjour, je suis actuellement sur le chemin Mozarabe, partie de Malaga à Antequera où j’ai pris le bus car je ne voulais pas manquer Grenade, repartie de Grenade après une superbe visite et me voilà à Cordoue. A cette période l’inconvénient est que la majorité des al ergues sont fermées car problème de chauffage et comme je suid seule ils n’ouvrent pas pour une seule personne mais je trouve beaucoup de petits hôtels ou casa rurale à 20 € la nuit. Pour ceux qui aiment la solitude là c’est le cas ! mais cela oblige à essayer de dialoguer avec les espagnols. J’arrive plus facilement à entamer la discussion avec des femmes, les hommes sont plus distants avec une femme seule. Superbe voyage. Le bémol pour moi du mois (var il manque cruellement d’eau tout est à sec) très grosses pluies annoncées à partir de ce soir, donc à suivre. Venez découvrir ce beau chemin d »autant plus que la région a besoin de travailler.

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    1. Bonjour,
      Je vais partir de Grenade le 21 mars pour me rendre à Merida tout d’abord.
      Merci de me faire profiter de vos coups de cœur.
      Amitiés jacquaires

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  2. bonjour, je suis actuellement sur le chemin Mozarabe, partie de Malaga à Antequera où j’ai pris le bus car je ne voulais pas manquer Grenade, repartie de Grenade après une superbe visite me voilà à Cordoue. A cette période l’inconvénient est que la majorité des albergues sont fermées car problème de chauffage, comme je suis seule ils n’ouvrent pas mais je trouve beaucoup de petits hôtels ou casa rurale à 20 € la nuit. Pour ceux qui aiment la solitude là c’est le cas ! cela oblige à essayer de dialoguer avec les espagnols. J’arrive plus facilement à entamer la discussion avec des femmes, les hommes sont plus distants avec une femme seule. Superbe voyage. Le bémol pour moi du moins (car il manque cruellement d’eau tout est à sec) très grosses pluies annoncées à partir de ce soir, donc à suivre. Venez découvrir ce beau chemin d »autant plus que la région a besoin de travailler.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup pour ce témoignage ! Ton expérience est très intéressante, en particulier pour le point de vue femme seule / saison hivernale.
      En effet le Camino Mozarabe est magnifique et mérite amplement que l’on y marche !
      Bon courage pour la suite de la marche, notamment avec le mauvais temps qui arrive… Buen camino ! 😉

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