Amerique du Sud, Carnets de voyage

De Santiago à Salta

Le Qhapaq Ñan en Argentine

 

Le Qhapaq Ñan, signifiant Chemin Royal en Quechua, également appelé Trails de l’Inca, est un réseau d’itinéraires datant de l’Empire Inca au maximum de son expansion à la fin du XVème siècle, juste avant donc que l’invasion espagnole provoque l’écroulement de cet empire immense, avec la chute de la capitale Cuzco en 1533/1536. Ce réseau, qui cumule en tout plus de 30 000 km, est composé de deux chemins principaux : l’un le long de la côte, et l’autre le long de la Cordillère. Ces deux chemins constituaient les axes d’intégration économiques et politiques principaux de l’Empire. Afin de constituer ce réseau de communication, les Incas ont utilisé en grande partie des chemins préexistants, mais l’importance de ce réseau s’est avéré absolument determinante afin d’unifier cet empire immense, appelé Tawantinsuyu, centré sur la capitale Cuzco, et cela malgré la grande diversité de peuples et de cultures qui ont été intégrés au cours des conquêtes incas. Ainsi le Qhapaq Ñan permet également de connecter des environnements naturels très variés, allant de la côte Pacifique aux zones de forêt vierge, en passant bien sûr par les régions d’altitude de la Cordillère des Andes qu’il parcourt à parfois presque 5 000 m d’altitude. Du fait de cette importance historique, ainsi que de la richesse des restes archéologiques que l’on peut trouver tout au long de ces itinéraires, le Qhapaq Ñan a été inscrit en juin 2014 sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, ainsi que de nombreuses structures historiques qui y sont associées, en tant qu’Itinéraire Culturel Transnational impliquant 6 pays : Chili, Argentine, Bolivie, Pérou, Équateur et Colombie.

 

Inca_roads-en.svg

 

Dans cet article je vous présente la marche de 1 500 km que j’ai effectué en Argentine, donc dans la partie Sud de l’Empire Inca appelée Kollasuyu, en suivant approximativement l’itinéraire historique du chemin andin du Qhapaq Ñan. De manière générale, l’itinéraire que j’ai suivi est fidèle à l’itinéraire historique, si ce n’est en deux parties où je me suis volontairement séparé de ce tronçon andin afin de privilégier la découverte d’environnements naturels :

  • Dans la partie Sud (de Santiago jusqu’à la route internationale du Puente del Inca) j’ai emprunté un itinéraire à travers les montagnes au lieu de suivre l’itinéraire historique qui emprunte aujourd’hui les principaux axes routiers, en sortant de Santiago pour se diriger vers Los Andes, et seulement de là bifurquer vers la Cordillère.
  • Dans la partie Nord (à partir de Tinogasta jusqu’à l’extrémité Nord de l’itinéraire) j’ai décidé de suivre un itinéraire à travers les plateaux d’altitude de la Puna, alors que l’itinéraire historique emprunte la Ruta 40.

Vous l’aurez compris, tout comme en Europe les chemins romains ont souvent été remplacés par des routes goudronnées, le Qhapaq Ñan, qui a d’ailleurs été formé sur l’axe de communication et de développement humain le plus logique au vu des conditions parfois extrêmes des régions traversées, a été de nos jours remplacé par des voies de communication modernes autour desquelles a continué à se développer de manière favorisée l’activité humaine de ces régions. Cela signifie que suivre le Qhapaq Ñan, du moins en Argentine, revient à parcourir la plupart du temps des axes routiers, et donc à se tenir à l’écart des environnements naturels véritablement préservés de ces régions. Par conséquent, et malgré l’attrait évident que produit le nom de « Trails de l’Inca », je déconseille à tout marcheur de longue distance classique de se lancer dans le projet de marcher cette partie du Qhapaq Ñan. Il, ou elle, ne pourrait qu’en être déçu(e). En revanche, du fait de la bonne accessibilité à cet itinéraire, constitué en majorité de routes goudronnées permettant donc de conserver une proximité fréquente avec la civilisation, mais présentant néanmoins un réel intérêt sur le plan historique et naturel avec la découverte tout au long du chemin de nombreux vestiges et paysages spectaculaires, je conseillerais de parcourir cet itinéraire par tout autre moyen autorisant suffisamment d’indépendance, qu’il s’agisse d’une voiture (étant donné que les routes sont de manière ponctuelle dégradées, un 4×4 serait un choix judicieux), d’une moto (cet itinéraire empruntant en grande partie la Ruta 40, célèbre auprès des motards comme d’une « route 66 » argentine), ou bien sûr d’un vélo. Je tiens à rappeler que ces conseils s’appliquent à l’itinéraire officiel du Qhapaq Ñan, en ne suivant donc pas les deux alternatives « naturelles » que j’ai choisi d’emprunter au Sud et au Nord de cet itinéraire.

 

Par ailleurs je vous invite à découvrir l’épisode 7 de la websérie The American Hike « Sur les pas des Incas » qui retrace en images ce parcours sur le Qhapaq Ñan en Argentine :

 

 

Pour ne pas louper les prochains épisodes je vous invite à vous abonner à la chaîne Youtube de The American Hike : http://bit.ly/2xVrXlz

1. Patrimoine historique

 

Tout au long de cette section du Qhapaq Ñan on peut trouver des vestiges historiques datant de l’époque inca ou des civilisations indigènes antérieures. Dans la province de San Juan par exemple, on peut trouver des peintures rupestres témoignant d’une présence humaine parfois extrêmement ancienne, et jusque dans des zones très isolées et en altitude. De nombreux restes de céramiques ont également été exhibés au cours des fouilles archéologiques effectuées dans ces régions depuis le début du XXème siècle, et sont exposés dans les quelques musées locaux tel celui de La Rioja, ou l’on peut découvrir de véritables trésors, mais qui par manque de moyens ne sont pas toujours mis en valeur comme il se le devrait. Mais les vestiges les plus impressionnants que l’on peut découvrir dans ces régions datent de l’Empire Inca, civilisation fameuse pour son génie de construction. À côté de la ville de Londres dans la région de Catamarca, le long de la Ruta 40, on peut par exemple découvrir les ruines du Shincal de Quimivil qui constituait un centre administratif important de l’Empire Inca, et qui est aujourd’hui l’un des gisements archéologiques les plus importants d’Argentine. Le long de la route internationale du Puente del Inca (puente qui est d’ailleurs un monument naturel et non un édifice humain) on peut également trouver les vestiges de colonies incas appelees tambo, du quechua tampu, qui signifie relai. Les tambos étaient en effet les relais qui permettaient de ravitailler et de loger les voyageurs transitant par le Qhapaq Ñan, et notamment les messagers impériaux, les chasquis, qui grâce à ce système de relais extrêmement efficace étaient capables de véhiculer l’information à une vitesse surprenante sachant qu’ils se déplacaient a pied. Les lamas étaient également utilisés, mais comme animaux de bât pour transporter les marchandises, et non comme montures, et il existait donc dans ces relais des espaces dévolus avec des étables et des enclos. Ce patrimoine extrêmement riche n’est pourtant mis en valeur que de manière très partielle, et du fait du système fédéral qui a court en Argentine cela varie énormément d’une province à une autre. Par conséquent on peut tout à fait trouver des ruines datant de l’Empire Inca qui ne seraient absolument pas mises en valeur. Du fait des opportunités archéologiques exceptionnelles que représente la richesse historique de cette région du monde, il est donc primordial de respecter et de protéger ces vestiges, en prenant soin de ne pas abîmer les ruines, de ne pas déplacer d’éventuelles reliques, et de prévenir les autorités compétentes dans le cas de telles trouvailles.

 

 

 

2. Richesse culturelle

 

En parallèle de cette richesse historique, ces régions présentent également une richesse culturelle moderne non négligeable, mêlant à la fois influences hispaniques et traditions locales. En terme d’architecture on ne peut bien sûr pas passer outre les nombreux monuments officiels ou religieux de style colonial, telle la très belle cathédrale de Salta. Mais l’architecture traditionnelle, bien plus humble en apparence, présente également un véritable intérêt. Les bâtiments en adobe, briques de terre et de paille, souvent peints en couleurs vives, sont par exemple très répandus dans la région, et cette technique de construction traditionnelle offre parfois de véritables petits trésors. Ainsi entre les petites villes de Tinogasta et de Fiambalá il existe un itinéraire touristique permettant de découvrir les bâtiments historiques les plus représentatifs de cet héritage architectural. La gastronomie locale, bien que très simple et très familiale, est également un aspect culturel dans lequel on ressent l’héritage de cultures très anciennes, avec par exemple de nombreux plats à base de viande de lamas et de maïs (choclo). Cependant cette cuisine est avant tout marquée par une grande consommation de viande, en particulier bovine, que ce soit en parrilladas, en milanesas, ou arrangées dans des plats que l’on mange sur le pouce comme des empanadas (chaussons farcis), des panchos (hotdogs), ou des lomitos (sandwichs chauds à la viande). Enfin comment aborder la culture locale sans mentionner la place importante qu’y joue la religion catholique, à la fois dans le calendrier, que rythment de nombreuses fêtes religieuses donnant parfois lieu à de véritables célébrations populaires comme lors de la semaine sainte au cours de laquelle ont lieu des défilés historiques reconstituant la passion du Christ, et à la fois dans le paysage avec la présence de nombreuses chapelles dédiées à différents saints. Parmi eux on trouve bien sûr des saints bien connus, comme la Vierge Marie ou St Sébastien, mais également des saints traditionnels, comme le Gauchito Gil et la Difunta Correa, qui ne sont en réalité pas reconnus par l’Église, mais pour qui la dévotion est très forte dans ces régions.

 

 

Je vous invite par ailleurs à visionner cette interview réalisée dans le cadre du projet The American Hike, dans laquelle Carolina, habitante de San José de Jáchal et engagée dans le mouvement Jáchal No Se Toca ayant pour but de lutter contre le développement de l’industrie minière dans la Cordillère, nous explique le danger que représente cette industrie  pour l’environnement et pour la santé humaine.

 

 

 

3. Étape par étape

 

  • De Santiago à Uspallata

En sortant de Santiago ma préoccupation était surtout de trouver un itinéraire par les montagnes qui me permette de passer dans la région chilienne de Valparaiso, juste au Nord de la région de Santiago, en évitant l’itinéraire historique de Qhapaq Ñan qui emprunte un axe routier très important entre Santiago et la ville de Los Andes. J’ai tout d’abord tenté d’emprunter un itinéraire très direct, mais j’ai rapidement déchanté car il s’est avéré qu’il s’agissait d’une route privée appartenant à la mine de cuivre de Rio Blanco. J’ai donc dû faire demi-tour jusqu’à l’agglomération de Santiago, pour repartir par un autre itinéraire au départ de la banlieue Est. De là j’ai suivi un chemin appelé Camino de la Dehesa dont l’accès se fait par la propriété privée d’un club équestre d’importance, et d’où j’ai pu rejoindre une petite route qui s’élève en serpentant au milieu de montagnes de cuivre colorées, jusqu’à passer dans la région de Valparaiso par un col à 3 600 m d’altitude. Il s’est avéré que cette route faisait également partie du complexe minier, mais qu’étant située dans une zone non exploitée il était possible pour moi de l’emprunter. Au cours de cette longue ascension l’environnement s’est révélé très sec, avec très peu de possibilités pour se ravitailler en eau, ce qui était déjà annonciateur des conditions difficiles que j’allais rencontrer par la suite. Néanmoins, une fois le col passé la route minière emprunte la vallée du Rio Blanco en longeant la rivière, jusqu’à rejoindre la route internationale à Los Riecillos après avoir traversé la réserve nationale du Rio Blanco, où la route a été détruite pour être remplacée par un chemin de randonnée. Cette route internationale mène à l’Argentine par le tunnel du Cristo Redentor au beau milieu de la Cordillère, après une longue ascension faite de nombreux lacets jusqu’à une altitude maximale d’environ 3 500 m. Il s’agit du passage de frontière le plus emprunté en Amérique du Sud car il permet de relier Santiago, capitale du Chili, et Mendoza, ville d’importance en Argentine où par ailleurs passe la Ruta 40 qui est la plus longue route du pays. De nombreux camions transitent notamment par cet axe, ce qui a parfois rendu cette marche dangereuse, bien que la plupart du temps un bas-côté suffisamment large me permettait de marcher en sécurité. Du côté argentin la route perd progressivement en altitude au long de grandes lignes droites, passe devant l’Aconcagua, qui du haut de ses 6 962 m d’altitude est le plus haut sommet des Amériques, et sort petit à petit du cœur de la Cordillère en longeant le Rio Mendoza dont il se sépare pour rentrer dans la petite ville d’Uspallata.

 

 

  • D’Uspallata à San José de Jáchal.

J’ai emprunté la route nationale pour sortir d’Uspallata par le Nord, et quitter progressivement la zone arborée qu’autorise la proximité de la rivière, pour aborder finalement une zone complètement désertique où la route goudronnée se transforme en piste de terre. Cette zone désertique dure jusqu’au village suivant, Barreal, 100 km plus loin, après avoir traversé la frontière provinciale entre Mendoza et San Juan qui marque également la limite du petit Parc National du Leoncito où se trouve notamment un observatoire. Malgré le passage de quelques voitures, cette traversée a constitué pour moi la première section où j’ai dû transporter beaucoup d’eau (5L) ce qui s’est avéré très pénible alors que le poids du sac était déjà très important. Après un jour de repos à Barreal du fait de la rencontre avec deux guides de montagne qui m’ont très gracieusement invité chez eux, j’ai continué mon chemin par de petites routes dans un environnement bien plus vert dû à la proximité de cours d’eau, en traversant différents petits villages. Mais à nouveau j’ai dû traverser une zone désertique de 90 km. Depuis le dernier de ces villages, Rodeo, situé sur le bord du lac artificiel Cuenta del Viento, et jusqu’à San José de Jáchal, fin de mon étape, la route traverse la zone montagneuse de la Précordillère en longeant le Rio Jáchal qui a creusé son chemin dans le roc, créant ainsi des gorges majestueuses.

 

 

  • De San José de Jáchal à Chilecito.

J’ai quitté l’agglomération de San José par la petite réserve naturelle La Cienaga (« Le Marécage ») qui malgré sa faible superficie est un sanctuaire d’importance abritant de nombreuses espèces d’oiseaux, pour rejoindre la route nationale 40 par un petit passage montagneux. De là la route traverse une zone désertique d’environ 75 km au cours de laquelle elle franchit la frontière provinciale entre San Juan et La Rioja. De manière générale les passages de frontières provinciales se sont souvent effectué dans des zones désertiques, ou du moins isolées. Peu après le passage de cette frontière je suis arrivé au village de Guandacol d’où j’ai dû prendre un bus pour la capitale de la province, La Rioja, afin de faire réparer ma tente dont la fermeture éclair de la moustiquaire ne fonctionnait plus… Ce qui peut s’avérer problématique en cas d’invasion de moustiques, de fourmis, et surtout avec la présence de scorpions, de tarentules et de serpents a sonnette dans la région. Une fois cette réparation effectuée j’ai continué sur la route 40 jusqu’à Chilecito que l’on aborde après un passage de petite montagne appelée la Cuesta de Miranda.

 

 

  • De Chilecito à Fiambalá

Chilecito est une petite ville sympathique d’où débute depuis quelques années une étape du Paris-Dakar. C’est cet itinéraire que j’ai plus ou moins suivi, itinéraire au cours duquel on croise suffisamment de cours d’eau et de villages pour que la sécheresse du climat ne présente pas de grosse difficulté. J’ai tout d’abord quitté Chilecito par la route 40 dont je me suis séparé après 20 km pour aborder le village de Famatina, me séparant du même coup de l’itinéraire du Qhapaq Ñan. Puis j’ai continué le long d’une autre route nationale jusqu’à un dernier petit village d’où débutait une partie désertique de 50 km seulement, afin de traverser la frontière provinciale entre La Rioja et Catamarca, et qui s’achevait à la petite ville de Tinogasta où j’ai pris un jour de repos pour travailler sur l’une des vidéos de The American Hike. Enfin j’ai effectué en un jour et demi la distance séparant Tinogasta de la fin de l’étape, Fiambalá, itinéraire au cours duquel j’ai brièvement emprunté un réseau de petites routes annexes me permettant d’éviter la route nationale.

 

 

  • De Fiambalá à Antofagasta de la Sierra

M’étant volontairement séparé du Qhapaq Ñan pour profiter des environnements naturels du Nord de l’Argentine, j’ai quitté Fiambalá vers le Nord en suivant une petite route traversant quelques villages, entourés d’un environnement exceptionnel de dunes de sable, que je n’ai pu cependant admirer que de loin. Cette zone est pourtant loin d’être désertique, et pour arriver au dernier village la route se transforme en piste rudimentaire suivant le cours d’une rivière qu’elle ne cesse de traverser. Pour s’y aventurer avec un véhicule il faut avoir l’esprit aventureux, et je me suis finalement retrouvé seul sur un itinéraire tout à fait naturel, bien qu’annoncé comme une route. Une fois atteint le minuscule et extrêmement isolé village de Las Papas, le chemin commence à s’élever très franchement dans les montagnes. Quelques sources thermales et quelques vestiges incas se trouvent dans cette zone. Enfin, le chemin atteint un grand plateau d’altitude à l’entrée duquel se trouve le dernier point d’eau jusqu’à la fin de l’étape qui se trouve à 120 km de là. L’environnement change brutalement pour laisser place à un désert d’altitude recouvert d’un sable gris de pierre ponce, entouré des sommets de quelques volcans. Le chemin continue à s’élever doucement mais régulièrement, et atteint finalement l’altitude de 4 300 m alors qu’il pénètre dans le Parc National du Champ de Pierres Ponces au milieu duquel il se met à redescendre tout aussi doucement. Le paysage est grandiose, immense, lunaire. On redescend en réalité dans une immense cuvette de presque 100 km de long dont on peut apercevoir l’autre versant au loin. Au fond de cette cuvette on distingue la silhouette sombre du volcan Carachi Pampa, au pied duquel se trouve le lac du même nom et le salar qui l’accompagne. Une fois contourné ce volcan par l’Ouest j’ai fort heureusement rencontré une exploitation minière de lithium où j’ai pu me ravitailler en eau. Après avoir remonté l’autre versant de cette cuvette jusqu’au volcan Alumbrera, flanqué de son compagnon le volcan Antofagasta, j’ai rejoint une route provinciale que j’ai suivie jusqu’à la fin de mon étape à Antofagasta de la Sierra, où je suis arrivé à travers un paysage de pâturages dans lesquels paissaient des lamas.

 

 

  • D’Antofagasta de la Sierra à la route nationale 51

Cette étape s’est effectué entièrement dans un environnement désertique tel celui que j’ai rencontré sur la deuxième moitié de l’étape précédente. Heureusement les points de ravitaillement en eau, qu’il s’agissait de petits cours d’eau ou de hameaux, étaient espacés régulièrement ce qui m’a permis de parcourir ces environnements arides sans avoir à transporter plus de deux jours au maximum. Les paysages étaient généralement assez homogènes, constitués de plateaux d’altitude recouverts de grosses touffes d’herbe jaune ou de parties plus minérales. Le point le plus haut se situait à 4 400 m d’altitude. Néanmoins j’ai également pu y découvrir deux salars de grande envergure, le Salar del Hombre Muerto, au bord duquel j’ai campé au milieu des ruines de l’ancienne mine d’or Inca Huasi (« Maison de l’Inca ») datant de l’Empire Inca, et l’immense Salar de Pocitos, qu’il m’a fallu presque un jour et demi pour contourner, pour finalement arriver au petit village minier du même nom à son extrémité Nord. De là j’ai pu rejoindre la route nationale argentine n°51, qui est également la route que j’ai emprunté par la suite pour me rendre à San Pedro de Atacama au Chili.

 

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